Nos métiers sont menacés. Le choc technologique provoqué par l’arrivée d’internet a bouleversé la relation de chacun d’entre nous à l’information, l’échange de connaissances, la communication avec l’autre etc… Dans le domaine culturel, se produit une brutale chute de valeur des contenus créatifs.
Ce n’est ni bien ni mal ni bon ni mauvais, c’est ainsi. Méfions nous en effet de deux exagérations souvent incantatoires: celle qui glorifie internet au point de juger normales au fond les comportements les plus divers au motif que le progrès c’est le progrès, l’autre qui par conservatisme jugerait que le net ne va quand même pas changer les bonnes et vieilles habitudes.
Essayons en revanche d’adopter une attitude raisonnée à l’abri des procès en sorcellerie.
La majeure partie des internautes qui échange des fichiers musicaux sait aujourd’hui qu’elle se livre à une activité qui déstructure gravement la filière musicale.
Nombreux sont ceux qui pensent parfois de bonne foi, mais pas toujours, que le peer to peer permet de vendre plus de musique. C’est faux. On a 20 fichiers téléchargés illégalement pour un téléchargé légalement ! Et si le peer to peer était comme un vaste juke box qui faisait découvrir la musique, on vendrait 20, 30, 40 fois plus d’enregistrements aujourd’hui qu’il y a cinq ans. Or on en voit moitié moins. Et comme ‘internet offre le moyen de ne jamais acheter de musque, les offres légales et rémunérées ne décollent pas vraiment.
Nombreux sont ceux qui jugent que menacer les internautes d’une sanction est attentatoire aux libertés. Pas un jour pratiquement ne passe sans que Guillaume Champeau sur numerama.com ne lance un appel pour sauver la démocratie numérique ! Mais ce dernier et ses amis ont-ils médité ce qu’a dit le Conseil Constitutionnel dans la décision qu’il a rendue sur la loi DADVSI en 2006 ? Il affirmait alors que la propriété intellectuelle relève de la propriété privée, dont la protection est mentionnée dans la Déclaration des droits de l’homme et du Citoyen de 1789, lequel forme préambule à la Constitution de la Vè République. Il est légitime que la loi protège la propriété d’autrui. En soi le fait de lutter contre l’acquisition par voie d’échanges de fichiers de musique protégée est donc un objectif parfaitement fondé dans notre système démocratique.
Qu’on cesse donc de nous rabattre les oreilles des atteintes intolérables aux libertés individuelles sous prétexte que nous sommes dans un univers dématérialisé et technologiquement merveilleux. Ce ne sont pas des arguments, ce sont des pétitions de principe.
Tags: droit de propriété, pillage


8 juillet 2008 à 14:24
Alors que nous vivons dans un monde numérique, c’est à dire que l’on publie, que l’on paye ses impôts, que l’on téléphone, que l’on s’informe, que l’on travaille sur Internet ; comment pouvez-vous justifier que couper l’accès à tous cela, sans décision d’un juge n’est pas une atteinte aux libertés individuelles? En faisant cela, vous empêcher concrètement un citoyen d’être en mesure de remplir ses devoirs et de jouir pleinement de ses droits. Vu l’absence de réponses à ses question, pourtant triviales, dans votre article ; je trouve les termes de votre conclusion bien plus polémiques que constructifs.
8 juillet 2008 à 14:35
Sur les 20€ que coute un CD quel pourcentage va réellement à l’artiste ? 5 % ? 10 %? et le reste ?
Pendant des années, on a pris le consommateur pour une vache à lait… on nous propose l’éternel Best Of, toujours les mêmes remix avec les même samples… On nous vend de la musique jetable (pour ne pas dire autre chose) qui a été faite avec les “artistes” (ça me fait rire… je ne sais pas s’ils savent ce que c’est la musicologie) de la star ac’, pop star, etc. encore les mêmes CDs de Johnny…
Comme les dinosaures, les entreprises de la musique vont disparaitre parce qu’elles n’ont pas su évolué…
Adieu…
8 juillet 2008 à 14:39
Au passage : Ce billet a été écrit le 30 mai 2008 à 8:27
On est le 08 juillet 2008, ça ferai un peu plus sérieux de mettre le serveur à l’heure…
8 juillet 2008 à 14:45
c’est moi ou les dates des posts sont totalement incohérentes ?
Ils aurait du demandé a un jeune pirate de faire leur site au moins le travail serait soigné.
Dés post daté du moi de mai, alors que j écris ce post le 8 juillet 2008.
Vu leur niveau internet on est pas rendu pour leur expliquer la réalité des choses ….
8 juillet 2008 à 14:51
NON mais c est fini oui?
Au milieu des quelques articles intéressants, votre blog a une odeur légèrement viciée de réglement de compte mesquin et mensonger (déjà signalé sur l’article UFC-Que Choisir: l’incohérence du discours)
Si vous voulez jouer au petits cow-boy justicier de la plume c est très bien mais je vous en conjure ne soyez pas mensongers ou injuste.
Tout d abord, a propos de l essai gratuit et la découverte musicale par le p2p j aimerais vous voir vous également démontrer votre argumentation par des chiffres concluant a la non influence de celui-ci sur l achat non pas seulement de cds et de morceau au sein d alternatives musicales mais du produit culturel global incluant les concerts, évènements, sonneries de téléphones, marchendising, etc… (je vous signale au passage que Guillaume Champeau que vous traitez ici comme un jeune abruti idéaliste lui en a plein son blog, et au passage je ne vois pas l avantage de cracher sur quelqu un qui soutient le fait que le téléchargement doit rémunérer l artiste-interprète et la filière musicale.)
De plus c est très beau de citer les droits de l homme pour défendre le consumérisme éffréné mais vous semblez oublier que vous proner la mesure administrative direct sans recours et sans procès vous semblez donc avoir une vision des droits de l homme a deux vitesse: une priorité pour ceux défendant l économie suivit de quelques oublis pour ceux tentant d avoir le droit a la justice équitable (personnellement ca me fait froid dans le dos.
En plus de vous faire passer pour l orphelin vous trafiquez la réalité, niant les nombreuses enquètes prouvant que le téléchargement n est pas le seul responsable du déclin des entreprise de la culture. (vous ne croyez vraiment pas que si au lieu de favoriser des produits musicaux one shot d aritstes créé sur mesure pour la publicité vous aviez dévellopé un produit culturel qui mériterait le respect vous auriez moins de téléchargeur?)
Je n argumente pas au niveau de la justice actuelle du téléchargement (je ne télécharge d ailleurs pas) mais au niveau de la justice jusnaturaliste: l artiste et sa fillière doit être rémunéré dans son travail et des groupes comme vous doivent y travailler. Vous ne croyez pas que la voie la plus rapide vers leur rémunération juste est d accepter une rémunération sur le téléchargement gratuit (que vous signalez vous même comme représentant une part énorme de l écoute de musique actuelle) plutot que de se battre sur un domaine ou vous ne pouvez gagner face a l évolution technique permanente qui contourneras toujour vos filtres? Ne comprenez vous pas que vous avez créé un marché hautement économique par lequel le consomateur n est plus interessé considérant vos produits comme trop cher et mal adapté a la réalité? Ou alors votre diagnostique est-ils autre?
Je vous signalerais aussi que en cette periode de baisse du pouvoir d achat vos produits sont toujours vendus a des tarifs frisant le délire et que annuler le téléchargement ne devrait pas relancer énormément la vente de musique, votre produit n ayant déjà plus sa place dans le panier d achat du citoyen moderne. Vous n auriez donc qu une très faible augmentation de votre chiffre d affaire et du revenu des artistes alors que la license globale leur offre une possibilité d etre rémunéré mieux et en fonction de l intéret réel pour leur musique.
Je ne dit cependant pas que vous avez tort peut-être que je me trompe moi aussi mais s il vous plait n utilisez pas des arguments déplacés et mal fondés pour arriver a vos fins.
8 juillet 2008 à 15:01
Je vais faire simple :
- le prix d’un CD, hors promotions diverses, est relativement proche du prix d’autres “produits culturels” (DVD, jeux vidéo) que les clients peuvent préférer. Votre “industrie” souffre de cette concurrence accrue (notamment de la part des jeux vidéo), vous en êtes très certainement conscients, mais refusez de l’évoquer officiellement comme une autre raison de la baisse de vos revenus car c’est tellement plus facile d’insulter vos clients en les traitant de voleurs. Pourtant, la somme que les consommateurs sont prêts à consacrer à leurs loisirs n’est pas infinie.
- l’achat de musique en ligne souffre encore de graves restrictions (aussi nommées DRM) empêchant l’usage normal des morceaux achetés (écoute sur différents appareils ou sur des systèmes d’exploitation autres que Windows et Mac OS) que permet un CD ou un simple fichier MP3
- vous ne vous êtes absolument pas adaptés au média Internet. Napster est apparu en 1999, et depuis vous ne proposez toujours pas le service qu’attendent vos clients : le téléchargement de fichiers musicaux (au format MP3 ou autre), sans restrictions d’usage plus extraordinaire que celles imposées par un CD, à un prix raisonnable (indice : 1€ par morceau n’est pas un prix raisonnable).
- ce projet de loi ne fait absolument rien pour assurer une meilleure rémunération des ayants droits, mais fait tout pour criminaliser vos clients. Et une “entreprise”, quelle qu’elle soit, qui ne respecte pas ses clients et ne propose pas le produit qu’ils attendent finit toujours par péricliter.
En conclusion : les artistes ont tout à fait le droit d’être rémunérés pour leurs oeuvres, mais c’est au public de décider si il souhaite se procurer ces oeuvres aux conditions auxquelles elles lui sont proposées. En l’état, la réponse du public est claire, ces conditions sont inacceptables pour la plupart.
8 juillet 2008 à 15:11
Et pourtant, avant le début des représailles judiciaires, je téléchargeais illégalement, ce qui ma permis de découvrir nombres d’artistes, beaucoup ne m’intéressais pas plus que cela, et tombaient rapidement dans la corbeille de windows, ou au mieux, dans les oubliettes de mon disque dur. Les autres, ceux qui me plaisaient vraiment, j’achetais leurs albums, de préférence en digipack quand c’était possible, j’ai aussi commencé a voir beaucoup plus de concert.
Je ne pense pas que j’etais le seul dans ce cas, bien au contraire.
Depuis le debut des tentatives de racket de ses ex client j’ai cessé le téléchargement, certes, mais le mépris que m’inspire cet INDUSTRIE fait aussi que je n’achète plus de disques.
et la encore je ne suis pas le seul.
Bref, commencez a réfléchir comme fournisseur, plutôt que comme ayant droit, et apprenez que vous n’avez droit qu’a ce que le public juge bon de vous donnez, pas a ce que vous jugez bon de lui prendre. Un fournisseur doit seduire sa clientele, pas la retenir par la force. Faire voter des lois pour surveiller les internautes n’est pas une atteintes aux libertes individuelles ? si c’est pour vous la solutions, alors orwell etait dans le vrai
A vous de vous adapter.
8 juillet 2008 à 15:12
“Nos métiers sont menacés. Le choc technologique provoqué par l’arrivée d’internet a bouleversé la relation de chacun d’entre nous à l’information, l’échange de connaissances, la communication avec l’autre etc… Dans le domaine culturel, se produit une brutale chute de valeur des contenus créatifs.”
Vous voulez quoi après l’Hadopi, un quota d’achats obligatoire d’oeuvre française ? C’est bien votre éclair de lucidité après 10 ans de sommeil
8 juillet 2008 à 15:38
“Nos métiers sont menacés.”
Il fallait anticiper le boom internet, et vous orienter en conséquence.
Il est hors de questions que nous payions maintenant pour votre incompétence.
8 juillet 2008 à 17:31
pour info, jamendo.com permet aussi de télécharger des mp3 légalement gratuitement (certes, pas d’artistes connus ici, mais quand même quelques bonnes chose)
emusic.com propose des forfaits abordables pour de la musique de qualités (et beaucoup de choses connu dans certains styles) 15 euros pour l’équivalent de 6 albums, voila un prix raisonnable pour des fichiers MP3 .
les alternatives crédibles au piratage et au racket de l’”Industrie” existent, la musique n’est pas morte, les artistes existeront toujours, l’”Industrie” doit s’adapter. on peut toujours boycotter les majors sans se priver de musique, et rester dans le droit chemin.
8 juillet 2008 à 18:08
Je paye un abonnement à une enseigne de ciné, je vais voir autant de films que je veux sans rien débourser de plus.
Je paye un abonnement à un jeu en ligne, je peux jouer autant d’heures que je veux sans rien débourser de plus.
Je paye un abonnement à un titre de transport, je peux circuler autant que je veux dans mes zones dans rien débourser de plus.
Je paye un abonnement à un fournisseur Internet, je peux téléphoner et surfer autant que je peux sans rien débourser de plus.
Je paye un abonnement pour de la musique, je peux écouter autant…. ah, euh, non, en fait non, la licence globale est refusée, “on” préfère limiter et sanctionner. Paraît que le principe n’est pas assez viable. A se demander pour qui.
8 juillet 2008 à 23:46
S’il me parait évident que la propriété dématérialisée doit bénéficier d’une protection particuliere adaptée à la technologie (et pas aveugle du genre : tu voles un mp3 c’est comme si tu volais une chaise, ca, c’est juste idiot), je voudrai juste revenir sur quelques points.
Les auteurs doivent être rémunérés. C’est un fait.
Maintenant, les arguments velléitaires portant sur les téléchargements massifs et l’ingratitude de l’internaute me font un peu rire.
le raisonnement que je vais suivre est subjectif et s’assume, mais surtout, il est basé sur l’experience du réseau et la communication avec d’autres internautes/citoyens, de milieux différents, mais adeptes quand même d’internet.
tout d’abord, si l’industrie du disque se porte mal, il faudrait commencer par remettre en question les politiques de plus en plus à court terme, voire instantannées, sans vision, sans projet, des majors productrices et distributrices. En produisant des artistes jetables, bankables mais sans avenir parce que sans talent ou sans envergure, elle scie petit à petit la branche sur laquelle elle est assise. A force, les vrais talents, ceux qui rapportent à long terme, n’existeront plus, et ne rapporteront donc plus rien. A personne.
Ensuite, si les téléchargements font baisser les ventes, ce qui, dans une certaine mesure, est véritable, tant il est évident que les gens courrent parfois (souvent) à la facilité, il ne faut pas non plus penser qu’ils sont les seules raisons de la chute des ventes (hors la première raison déjà évoquée). Le fait qu’un CD coute une somme d’argent non négligeable, voire parfois abusée (au hasard, The Fragile de Nine Inch Nails, double album à 32euros à la fnac) pèse dans la balance. On peut facilement ajouter les peurs qui pèsent sur les ménages quant à leur pouvoir d’achat, qui ne pousse pas à la consommation de musique, évidemment (et ce même si ces peurs, récentes, ne peuvent résumer à elles seules les chutes dramatiques des ventes).
Les ventes chutent donc parce que la qualité s’amoindrit avec les années (les productions star ac, and co, ne coutant presque rien à produire et assurant un revenu immédiat à l’entreprise), parce que les téléchargements de deux titres minables sont comme un retour de baton pour l’industrie qui méprise les citoyens par le biais de prix abusifs et de promotions ridicules sur le plan artistique.
Il existe pourtant une fraction de personnes qui, grâce aux téléchargements illégaux, découvrira des artistes, et achètera des albums. Mieux encore, qui ira voir les artistes en concert. Et là, cette fraction aura au moins un peu plus contribué à la rémunération des artistes.
Ce qui rebute les internautes et qui creuse un fossé toujours plus grand entre les artistes et les citoyens, ce sont justement ces artistes dont les comptes en banque sont plus que garnis qui viennent rouspéter, signer l’appel des 52 (Johnny par exemple), pour lutter contre ce qui pourrait leur rapporter encore plus. Forcément, ca passe mal. Pas de mauvaise foi ici, soyez conscient que beaucoup de gens supportent mal cet affichage vulgaire de prospérité outrancière dénuée d’un quelconque sentiment artistique.
Enfin, d’autres éléments viennent s’ajouter à cette liste déjà longue et qui, finalement, remet au centre du débat la musique, comme cela aurait du être le cas, avant de taper sur des “pirates”, des criminels, et autres noms d’oiseaux.
Certaines fractions d’internautes ne supportent pas de voir cette lutte acharnée contre eux, menée par des gens qui s’offrent des parachutes en platine en hurlant à la mort de leur industrie. Faut pas se plaindre si la morale se barre d’un côté, qu’elle ne reste pas de l’autre.
et puis, d’autres franges encore s’apercoivent que certains auteurs, artistes, musiciens, agissent de facon différente. Il y a d’abord ceux comme les Arctic Monkeys, qui n’auraient jamais rien été sans Internet et qui aujourd’hui se plaignent du DL illégal. encore une tache sur le tableau de ceux qui espèrent attirer la peine des citoyens.
Mais surtout il y a des groupes comme Radiohead, qui a tenté (même s’il ne renouvellera surement) un autre moyen de distribution.
et puis il y a enfin Nine Inch Nails, groupe qui a claqué la porte à sa maison de disque et qui, régulièrement, offre (comme il offrait en mettant lui meme à la disposition des internautes ses dvds sur le reseau P2P illégal) des morceaux, des albums, des projets travaillés et respectueux du public, et qui propose des ventes additionnelles.
Quand les dirigeants auront intégré l’ensemble de ces paramètres, on pourra discuter. En attendant, tant que tout le monde se foutra de la gueule des clients, il n’y aura surement pas de discussion.
8 juillet 2008 à 23:49
J’y reviens, parce que j’ai oublié un truc :
le projet Hadopi, qui prévoit la suspension de l’abonnement, cela s’appelle une double peine. Privé de P2P, ok, normal. Privé d’internet. A la limite. Mais internet, ce n’est pas que le téléchargement. Une personne qui travaille de chez elle ne pourrait plus exercer.
Je ne vois pas vraiment de justice là dedans. Même en cherchant bien.
Comme si on allait me retirer mon permis si je volais dans un magasin. je pourrais plus aller bosser. La comparaison parait absurde. Elle l’est.
9 juillet 2008 à 10:51
Le titre me semble un peu douteux : le droit d’auteur n’est pas un droit de propriété “normal”, comme on l’entend pour les biens physiques (voir la différence entre biens rivaux et bien non-rivaux) : je possède ma voiture, etc… Si le droit à la propriété est un droit ancien et un fondement de notre société, le droit d’auteur est un droit récent et une exception accordée pour favoriser la création ; les modalités d’application sont naturellement bien différentes. Je ne sais pas si le glissement de “droit d’auteur” vers “propriété intellectuelle” et enfin vers “propriété” est voulu, mais cela entretient la confusion et est donc tout sauf heureux.
9 juillet 2008 à 11:35
Avant toute chose, afin d’éviter les amalgames douteux : je suis musicien, je fais des concert, je vends des disques.
Pourquoi cet article me semble biaisé? Simplement parce qu’il traite uniquement des problèmes actuels de l’industrie du disque, et pas réellement des problèmes des artistes.
L’industrie du disque n’a pas su prendre la mesure de la révolution culturelle apporté par Internet, et des nouveaux modèles économiques induits. L’industrie du disque est resté campée sur un business -model de masse, parfaitement adapté à l’univers de la télévision, mais complétemnt obsolète dans le monde des autoroutes de l’information.
L’industrie du disque voit internet sous 2 axes, antagonistes qui plus est:
- Internet est l’outil marketing le plus rentable.
- Internet est la cause de tous les maux actuels.
A mon sens, l’accès Internet sera coupé par l’industrie du disque pour les gens touché par cette mesure, et à mon avis, la sanction des consommateurs va assurer des lendemains douloureux aux intéressés….
9 juillet 2008 à 11:35
“Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une ni l’autre.” (Thomas Jefferson)
Un juge est le gardien des libertés. Le contourner, c’est nous priver de nos libertés. Nous n’aurons alors ni liberté : filtrage, répression, menaces, censure… ; ni sécurité : coupure d’accès, droit à la défense bafoué, espionnage, piratage (ie: insertion de mouchards sur les ordinateurs !)
Vous nous privez de notre liberté et de notre sécurité, il est naturel qu’on s’oppose à ce mode de fonctionnement. Continuez, nous continuerons !
Quand tout le monde dit qu’un texte est mal étudié, quand il est sanctionné par un certain nombre d’instances comme la CNIL, le conseil d’Etat, les fournisseurs d’accès, il arrive un moment où la fracture est trop grande. Qu’à cela ne tienne, passez en force, on comptera les points !
Il y a suffisamment d’outils pour faire en sorte de retrouver nos libertés et notre sécurité : chiffrement des données, réseau anonyme, décentralisé, listes des “inopportuns”, logiciel open-source. Souhaitez-vous vraiment déclencher ce genre de guerre, où votre arsenal aura toujours une latence telle qu’il sera inefficace ? Il serait préférable de l’éviter, car vraiment, à ce moment-là, vous aurez tout perdu : vous ne verrez plus rien : ni échanges, ni argent !
9 juillet 2008 à 14:08
Je ne comprends pas cette obstination à essayer de faire perpétuer un modèle économique qui ne reverse que 6% environ du prix d’un album à l’artiste (s’il est auteur, compositeur et interprète). Si c’est bien la création qu’il s’agit de défendre, et non les producteurs comme tout le monde en a bien l’impression, il faut revoir le modèle économique autour de la création. Pourquoi avoir si rapidement rejeté la licence globale ? Rémunérer les artistes au pro-rata des téléchargements et augmenter les prix des concerts (les artistes seraient rémunérés pour leur “performance”, comme au sens premier du mot artiste).
Par ailleurs, je veux revenir sur la fin de l’article : même si ce sont des “pétitions de principe” - ce qui n’est pas acquis - la démocratie n’est-elle pas fondée sur ce que souhaite le peuple ? Bien entendu il faut des barrières, mais le téléchargement qualifié de pirate est passé dans les moeurs, il faut donc établir ces barrières intelligemment au lieu de bloquer les autoroutes …
9 juillet 2008 à 17:55
>Dans le domaine culturel, se produit une brutale chute de valeur des contenus créatifs.
À vous entendre on croiraient que vous vendez des œuvres culturelles. C’est faux bien entendu : vous vendez des droits d’utilisation du monopole TEMPORAIRE que vous avez acquis sur des œuvres. C’est bien différent.
Ce qui à dévalué, ce n’est pas les œuvres, ce sont vos droits, où plutôt devrais-je parler de privilèges, à l’instar de ceux qu’avaient autrefois les nobles. Car ces «droits» formes un déséquilibre entre les «ayants droits» (on met en avant les auteurs mais ces droits sont accaparés par des industrielles avides de profits faciles) et le public. En effet ces droits n’expirent pas à mesure que le public les rachètent indéfiniment, qu’importe les profits colossaux que peuvent engranger ces industrielles.
11 juillet 2008 à 19:15
Comment passer du support CD au format numérique adapté au mode de consommation sans être considérer comme un pirate, voire pour un copiste ?
Quelles solutions les producteurs de disque proposent t-il de leur coté afin de s’adapter au nouveaux mode de consommation ?
Je pense notamment aux possesseurs de collection imposante de cd originaux et qui veulent l’écouter sur leur lecteur numérique équipé d’un disque dur correspondant au volume de leur collection.
Jusque là internet nous a permit de télécharger, mais qui nous propose de faire autrement quant à l’utilisation des lecteurs numériques, sachant que nous sommes déjà propriétaire d’une collection importante de CD.
12 juillet 2008 à 1:45
Ce qui est illégal, ce n’est pas la façon dont l’oeuvre (qu’il s’agisse de musique ou de texte, ou quoi que ce soit, ce n’est pas la nature de l’oeuvre qui fait l’infraction) circule, ni la nature de l’oeuvre, mais le fait que celle-ci soit diffusée ou acquise sans le consentement des ayants-droits, et ceci indépendamment du moyen utilisé.
Si des artistes ne veulent pas qu’on télécharge leurs oeuvres, et qu’ils entendent que des moyens de faire respecter leur droit moral et leurs droits patrimoniaux, d’accord, c’est tout à fait légitime.
En revanche, ils n’ont pas vocation à interdire le téléchargement tout à fait légal d’oeuvres dont ils ne sont ni les auteurs, ni les interprètes. Quand j’écris un article sur mon blog, les internautes le consultent gratuitement sans que personne ne s’en émeuve. Ce sont les mêmes textes de loi qui s’appliquent à de la musique, de la vidéo, des photos, des dessins… Ce n’est pas la gratuité qui fait l’infraction, c’est la gratuité contre l’avis des ayants-droits de l’oeuvre, et seulement eux.
En publiant ma musique sur dogmazic.net boxson.net nolabel.at et sur le peer-to-peer, et en y précisant que dans un cadre non-commercial on peut la republier et la faire circuler sans avoir à demander d’autorisation préalable, en faisant celà, je ne commet pas d’infraction, parce que je suis le seul titulaire des droits sur mes oeuvres. En faisant de même en reprenant des oeuvres appratenant au Domaine Public (tous les auteurs sont décédés depuis plus de septante ans + les années de guerre), je ne commets pas davantage une infraction, la seule obligation étant de préciser l’auteur original et le titre original de l’oeuvre.
Les 52 qui ont signé l’appel à ne pas télécharger, s’ils avaient appelé à ne pas télécharger LEURS oeuvres, ce serait légitime. Mais un appel qui explique que télécharger de la musique est illégal est mensonger et démagogique: ils ne sont pas les titulaires des droits de l’ensemble de la musique.
Téléchargez tout ce que vous voulez, aussi longtemps que vous avez toutes les autorisations nécessaires de l’ensemble des ayants-droits de cette oeuvre.
(N.B.: si un des auteurs est titulaire de la Sabam ou de la Sacem, ces organismes deviennent des ayant-droit de celle-ci, vous pouvez considérer comme acquis que vous n’y êtes pas autorisé, ces organismes étant opposé à toute diffusion sans rémunération, et ceci même contre l’avis des auteurs, compositeurs ou éditeurs, pensez à faire une recherche sur leurs sites pour vérifier que l’artiste n’y est pas inscrit. Le fait d’être sociétaire entraîne la cession de la gestion des droits de la totalité des oeuvres publiées, et pas seulement l’une ou l’autre. C’est toujours bon à savoir, certains sociétaires ne le savent pas eux-même et le découvre après-coup à leurs dépends quand la Sabam fait fermer leur site web officiel).