Quelques réactions aux contributions postées sur le blog

Beaucoup de celles et de ceux qui postent des commentaires depuis l’ouverture de ce blog le font dans un esprit constructif qu’on doit saluer. MERCI . Et c’est très positf que certains internautes sortent de l’anonymat.

Sur le fond, quelques réactions en vrac dont je souhaite faire part :

- Sur la question du filtrage des contenus ou du blocage d’accès, certains pensent que nous n’y connaissons rien. Un internaute nous conseille de recruter quelqu’un. Mais qui sait que nous travaillons sur ces sujets d’une complexité extrême avec des consultants et qui est allé lire notre Livre blanc sur le peer to peer http://www.disqueenfrance.com/actu/actualite/peertopeer.asp ?
Qui peut prétendre que Guy Pujolle, l’un des auteurs, n’est pas une personnalité de premier plan dans le domaine des réseaux ? Il est, dans ces conditions, difficile de prétendre que nous avancerions sans savoir. Le filtrage est une affaire, j’en conviens, très délicate et il faut y aller à pas mesurés. Mais que disons-nous quitte à nous répéter ? Que le bon sens invite à faire des tests transparents réunissant fournisseurs, opérateurs du net et titulaires de droits. Nul besoin de s’invectiver pour cela. On y reviendra certainement.

- Sur le message posté au sujet de l’UFC Que Choisir ? Quelle unanimité pour venir à la rescousse d’une organisation aussi puissante ! Je croyais pour ma part que les internautes auraient eu un peu plus d’humour, tant pis !

- Sur le projet de loi, non, tout le monde n’est pas contre. De très nombreux artistes, j’en ai encore croisé récemment aux Francofolies de La Rochelle, s’inquiètent. On me dira que les plus riches le sont toujours (mais faut-il passer sont temps dans ce pays à s’excuser d’avoir gagné de l’argent !) et que les revenus de la Sacem sur une période de cinq ans n’ont pas fondu comme neige au soleil. Mais trop de gens ignorent totalement l’économie de la culture et assènent leurs vérités sans aller vérifier ce qui se passe pour produire un spectacle, produire un enregistrement, le faire connaître et surtout réussir à le rentabiliser non seulement pour que ceux qui ont travaillé gagnent leur vie mais aussi pour que les revenus générés soient réinvestis dans d’autres productions. Un disque de variété n’est pas rentable si on en vend moins de 80 000 à 100 000 exemplaires. Moins de deux disques du dix rencontrent leur public et permettent de couvrir les frais. On ne peut pas repousser ces faits d’un revers de la main Et celui d’entre vous qui m’informe que nos métiers auront disparu dans vingt ou trente ans ne fait pas avancer le débat. Les artistes le disent : il est indispensable que des professionnels les accompagnent, leur permettent de vivre en s’occupant de mille et une choses pendant qu’ils peuvent se consacrer à l’essentiel, leur art.

- Quant à savoir si la loi va marcher, en effet, c’est un pari mais tout pousse à l’oser car qui ne risque rien……. Nous ne sommes pas naïfs mais nous pensons qu’une partie très substantielle des internautes peut être amenée, du fait même des messages de sensibilisation et d’information et d’un risque de suspension de connexion, à changer progressivement d’attitude. Pas tous bien sûr et certainement pas ceux qui d’une certaine manière ont fait du peer to peer un outil militant anti-show bizz. Mais beaucoup d’amateurs sincères de musique, sensibles au respect du travail et du talent. Jurer à l’avance que la loi ne peut pas marcher c’est donc me semble t-il sous estimer considérablement un certain bon sens chez nos concitoyens

- La musique a un prix. Bien entendu, nous ne sommes pas sourds quand on nous dit que les Français n’ont pas toujours assez d’argent pour acheter beaucoup de musique mais on ne peut pas non plus ignorer l’évolution de la consommation. Quand on achète un écran plat, que chaque membre d’un foyer de quatre personnes a un téléphone portable et un ordinateur (et pas seulement dans les foyers très aisés CSP++), évidemment il ne reste pas forcément beaucoup d’argent pour des disques ou un abonnement à un site musical. Et dans ces conditions, l’effet d’aubaine du peer to peer gratuit est démultiplié. Il faut donc poursuivre autant que possible la baisse des prix. Cependant, en économie le prix s’il est déterminé en partie par le consommateur, l’est aussi au vu du coût du produit. Et surtout le prix ne pourra jamais baisser au point de n’être plus en mesure de rémunérer l’ensemble des acteurs de la filière. Comment contester la légitimité pour chacun d’être payé pour son travail et son talent ? C’est un point clef du débat actuel.

A bientôt
Hervé Rony


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16 commentaires sur “Quelques réactions aux contributions postées sur le blog”


  1. fb a dit:

    M. Rony, permettez-moi de vous féliciter pour ce billet qui - enfin - ressemble au contenu d’un blog et laisse paraître certaines interrogations que je suppose sincères. Toutefois, j’espère que ce proverbe vous permettra d’étayer votre réflexion : « Quand on a un marteau entre les mains, tous les problèmes ressemblent à des clous ».
    Lors de l’expérience « face à face » j’ai fait quelques propositions et je regrette qu’elles n’aient pas vu le jour (en particulier le fait de pouvoir faire presser à la demande un CD introuvable) car je pense que cela aurait donné une nouvelle dynamique à votre secteur ET fait plaisir à vos clients. Si vous croyez réellement qu’un texte de loi - obsolète - est en mesure de changer un comportement généralisé, libre à vous, mais ni l’Histoire, ni la Nature ne plaident en votre faveur.
    Au lieu de mener une guerre depuis plus de 10 ans contre vos clients, vous pourriez innover plutôt que de vous réfugier derrière le législateur qui commence à fatiguer. N’essayez pas de recréer le monde matériel dans l’univers immatériel, c’est voué à l’échec. Petit rappel : OMPI : 1996, DMCA : 1998, EUCD : 2001, DADVSI : 2006, vous comptez parier sur les effets d’Hadopi et d’ACTA ?
    Puisque vous êtes en relation avec M. Pujolle, demandez-donc lui donc ce qu’il pense d’un filtrage DPI sur du coeur de réseau à 100 Gbps. Au plaisir de vous lire.
    PS. J’ai lu votre livre blanc ainsi que bien d’autres sources d’informations.
    PPS: Pour l’anonymat vous avez mon prénom et mon nom dans l’adresse e-mail, j’espère que c’est suffisant.

  2. Roux a dit:

    en passant je tiens à préciser (si le modo veut fusionner mes deux messages ce serait parfait) que c’est également sur cet argument que se fondent tous les artistes (les 52 musiciens comme les 32 cinéastes) qui supportent la loi, visiblement sans en connaître plus la teneur que ce que vous avez bien voulu leur en dire.

  3. The BLION Corp. a dit:

    Tout comme utiliser des outils de P2P ne fait pas de nous des pirates, pirater n’implique pas l’utilisation d’outils de P2P. Qu’on se le tienne pour dit ! Filtrer un protocole parce que des personnes l’utilisent pour des délits, ça reviendrait à interdire de conduire une voiture sous prétexte que certains tuent ou volent avec ! les outils de P2P permettent d’échanger des fichiers… légaux… et illégaux… Vous souhaitez empêcher des activités légales ? De quel droit ? Et notre liberté d’échanger des fichiers sur un réseau, quel qu’il soit ? Si ces échanges sont légaux, vous n’avez pas à les interdire !
    /
    Les utilisateurs d’outils de P2P changent constamment de comportement. Nous sommes bien d’accord sur ce point. Ils changent d’outils, de méthodes, de protocoles… On est passé de Napster à Kazaa à eDonkey à Kad à Bitorrent aux newsgroups aux serveurs d’hébergements de fichiers… Nous sommes passés d’un système complètement ouvert à un système qui gère des listes noires d’inopportuns (diverses sociétés de gestion de droits d’auteur font partie de ces listes !) et maintenant, nous commençons à utiliser des systèmes de chiffrement pour contourner les règles de filtrage et de QoS mises en place par certains FAI. Avec toujours moins de logs, moins de traces (Razorback qui stockait tout en RAM… Dommage de l’avoir décablé !). Quoi que vous mettiez en place dans un texte de loi, vous aurez toujours un train de retard ! L’exemple suédois est criant de vérité. Le texte instaurant l’écoute systématique des communications n’a même pas été voté qu’un réseau intégralement chiffré est en train de se mettre en place ! Vous allez dilapider votre argent dans de nouveaux outils et en procédures au lieu de soutenir les artistes à produire quelque chose de vendable. Où sont les vrais intérets ? Dégouter les consommateurs ? Soutenir les artistes ? Vous en mettre plein les poches, qu’importe la méthode ?
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    Pensez-vous que la RIAA a fait augmenter les ventes des artistes outre Atlantique ?
    Pensez-vous que le décablage de Razorback 2.0 a fait exploser les ventes des artistes en Europe ? (alors que c’était l’un des plus gros serveur eDonkey à l’époque)
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    Soyons réalistes, vous ne vous attaquez pas au fond du problème, et par conséquent, vous ne le règlerez pas, même avec un texte de loi. Si les personnes rechignent tellement à se délester de quelques euros, c’est que ce que vous proposez en face ne les vaut pas (à leurs yeux) !
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    Si je dépense mon argent dans quelque chose, j’attends un retour sur investissement, en plaisir, en confort, en fonctionnalités… Tout comme vous souhaitez rentrer dans vos frais quand vous soutenez un artiste. Aujourd’hui, un CD, c’est de moins en moins souvent 15 pistes écoutables… difficilement copiables sur ordinateur (malgré notre exception culturelle à laquelle nous sommes très attachés)… parfois sans les paroles des chansons…
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    Faites nous découvrir des albums de qualité, avec des artistes de qualité, Faites une vraie campagne publicitaire, le reste suivra ! Pourquoi les radios ne diffusent qu’une ou deux chansons par album ? Et nous les rabachent à longueur de journée… Les autres sont mauvaises ? Vous ne voulez pas les faire écouter ? Montrez-nous que ces galettes ont de la valeur, nous les achèterons ! On se contrefiche de savoir que ça vous coute ! Tant que ça ne nous apportera rien, nous n’achèterons pas !
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    Si le texte passe avec les décrets d’application, j’attends avec impatience que le premier à se faire déconnecter fasse la publicité de ce mode de fonctionnement qui est contre les droits de l’homme (liberté de s’exprimer confirmée par la commission européenne). Parce que là, ce sera une déclaration de guerre que vous ne gagnerez jamais !
    Vous aurez les consommateurs à dos, d’une part, mais toute une communauté bien plus redoutable, à savoir celle des développeurs informatiques qui vont redoubler de génie pour contrer chacune de vos attaques… Bon courage ! Au jeu du chat et de la souris, l’histoire nous montre que la souris court toujours…

  4. thibault a dit:

    J’apprécie le fait que les différents commentaires publiés sur ce site trouvent enfin un début de réponse de votre part. Sans revenir sur la finalité de ce projet de loi, qui peut porter à débat mais que je peux admettre, il faut insister sur les moyens qui vont être mis à disposition par la loi “création et internet” (quel drôle de titre d’ailleurs).
    -
    De nombreux commentaires très bien argumentés d’un point de vue juridique montrent les faiblesses de ce texte:
    1- La loi aurait du inclure des représentants des consommateurs lors de sa mise au point. Ce n’a pas été le cas, c’est déjà une faute politique (et juridique)
    2- Internet est un espace privé quoique que vous puissiez en penser. La nature des échanges relève de l’intimité des personnes, tout le monde semble l’avoir admis sauf vous. Surveiller ces échanges doit donc être soumis une clause “d’interêt général”, comme le prévoit la loi actuellement, et celà sous couvert d’une décision de justice. Seul organe à même de protéger les citoyents dans une démocratie. Par ailleurs, ce filtrage existe déjà et est couramment appliqué dans la lutte contre la pedophilie.
    3- Chaque citoyen doit etre considéré comme innocent tant que sa culpabilité n’a pas été avérée. Il doit avoir un procès équitable et être en mesure de ce défendre de manière loyale. C’est à mon sens le point critique du projet de loi en l’état. Il faudra revenir en détail sur la manière dont un internaute peut prouver son innocence. (sachant qu’aujourd’hui ce point pause déjà problème aux administrateurs réseaux des entreprises victimes de hacking - pourtant ils ont toute la compétence nécessaire)
    -
    S’il vous plaît, arrêter d’esquiver les questions juridiques en opposants des arguments commerciaux, c’est hors sujet. Pour finir, j’avais déjà parcouru le livre blanc sur le filtrage qui est un document qui a une valeur technique et économique acceptable, mais qui n’apporte rien sur la question juridique liée à ce texte. Si cette loi n’est pas modifiée pour prendre en compte les impératifs cités plus haut, son avenir législatif n’est pas garantit à terme.

  5. ikariya a dit:

    Et ben il en a fallu du temps pour lire quelque chose de censé sous votre plume ! Au moins il y a un raisonnement …

    ça change de la sempiternelle ritournelle qui consiste a abaisser ou criminaliser les gens qui ne sont pas d’accord avec vous.

    Cependant, ça ne justifie en rien l’instauration de lois d’exception, la création d’une police privé, l’écoute et le filtrage de toutes les communications simplement pour essayer de, je cite, “Nous ne sommes pas naïfs mais nous pensons qu’une partie très substantielle des internautes peut être amenée, du fait même des messages de sensibilisation et d’information et d’un risque de suspension de connexion, à changer progressivement d’attitude”

    Mais enfin vous vous rendez compte de la disproportionnalité des moyens mis en oeuvre vis à vis de cet objectif, si c’est bien celui-ci ? Vous ouvrez la boite de pandore du flicage généralisé pour simplement passer un message ? c’est de l’inconscience pure et simple, ou alors ça cache autre chose, relevant du rêve du contrôle total de la diffusion, que vous n’avez pas réussi à imposer par les DRM.

  6. Mathieu a dit:

    Ce qui pose problème aujourd’hui n’est pas tant le fait de payer pour écouter de la musique (même s’il faut reconnaître qu’une partie des français prend maintenant la musique pour gratuite…)

    Le problème principal, c’est la nouvelle forme de la musique. Avant je pouvais acheter un CD, le copier et utiliser cette copie afin que l’original ne soit pas dégradé (rayé, cassé, perdu, etc…), transférer ce CD sur mon ordinateur, et à partir de là le transférer sur mon lecteur MP3 par exemple. Je paye même une redevance (que certains qualifient de “taxe SACEM”) sur les CD vierges, les cartes mémoires, lecteurs mp3, téléphones portables, etc… afin de profiter de ce droit à la copie privée.

    Aujourd’hui, la plupart des CD sont protégés anticopie. Impossible donc (théoriquement, mais surtout légalement) de copier ce CD pour en faire une sauvegarde, de l’écouter sur son ordinateur, son autoradio, son lecteur MP3, etc. On est “condamnés” à écouter ce CD, vendu toujours au même prix, uniquement sur un vrai lecteur CD, et si jamais celui-ci venait à se dégrader ou à disparaître, on n’a plus qu’à le racheter. Pourtant je paye toujours la même redevance, mais sans possibilité de profiter des droits permis par cette redevance.

    L’autre forme aujourd’hui utilisée est le téléchargement légal. Problème : ces morceaux sont pour la grande majorité fournis au format WMA DRM. Utilisant un système Linux, je ne peux pas lire ces fichiers. Mon lecteur MP3 ne sait pas non plus lire ces fichiers. Et je ne peux toujours pas faire de sauvegarde de ces fichiers, et - pire - si mon ordinateur venait à lâcher (dans l’hypothèse où je pourrais les lire), je serais obligé de les retélécharger, la licence d’écoute étant associée à un seul et unique ordinateur. Donc encore avec le CD on pouvait le lire dans n’importe quel lecteur, encore là on est carrément limité à un seul et unique ordinateur, sous Microsoft Windows uniquement.

    Si vous voulez relancer le marché de la musique, laissez aux acheteurs la liberté qu’ils avaient auparavant avec le CD, ça sera un bon début…

  7. slave1802 a dit:

    “Cependant, en économie le prix s’il est déterminé en partie par le consommateur, l’est aussi au vu du coût du produit. Et surtout le prix ne pourra jamais baisser au point de n’être plus en mesure de rémunérer l’ensemble des acteurs de la filière. Comment contester la légitimité pour chacun d’être payé pour son travail et son talent ? C’est un point clef du débat actuel.”

    Tant que mon budget loisir continuera à se réduire comme peau de chagrin suite à la régulière érosion de mon pouvoir d’achat, votre juste prix sera toujours trop cher pour moi et à moins de me mettre un canon de fusil sur la tempe, je n’achèterais plus vos produits.

    Il vous reste deux solutions : Faire subventionner mon budget loisir par la C.E.E. ou baisser de façon drastique vos prix. Internet vous permet de passer à un mode de distribution en masse de vos produits. Si cette formule à fait la fortune des hypermarchés, pourquoi ne marcherait-elle pas pour votre business ? Vendre beaucoup plus de produits à un prix plus bas…

    Ah non, j’oubliais, vous vous voulez juste vendre beaucoup plus de produits à un prix toujours plus élevé…

  8. Octave Hergébel a dit:

    Bonjour.
    Je viens de passer pas loin d’une heure à lire les 71 commentaires postés sous la rubrique “Quand des internautes dérapent”. J’y ai lu beaucoup de choses intéressantes et pas seulement des propos fantaisistes d’apprentis pirates. Une chose me chagrine énormément M. Rony : quand vous déciderez-vous à les lire ? Il y a une dizaine de points abordés qui mériteraient une argumentation de votre part. Ou alors, n’avez-vous aucun argument au regard de certaines remarques qui mettent à mal votre vision de l’internet, de la musique et de la culture ? En ouvrant ce site, j’ai cru comprendre que c’était pour que les gens puissent s’exprimer. Il serait bien maintenant que vous puissiez y consacrer un peu de temps.
    Cordialement.

  9. kubrick a dit:

    Bonjour Monsieur Rony,
    Premièrement je vous remercie d’avoir pris la peine d’avoir créé ce blog, et de commencer à répondre aux commentaires que laissent les internautes.
    Lorsque je m’exprime sur ce blog, je partage bien sûr mon point de vue et je pense ne pas dire que des bêtises même si je n’ai pas l’expérience que vous avez du domaine (de la musique bien sûr, pas de la bêtise).
    Cependant, en admettant que les deux parties soient honnêtes, malgré la communication que se met en place, je pense qu’il règne encore une profonde incompréhension entre nous.
    Croyez bien M. Rony que notre intention n’est pas de mettre a sac l’industrie culturelle : si nos réaction sont parfois si vives, c’est parce que nous l’aimons et que nous y sommes profondément attachés. Et en se sens nous nous sentons blessés d’être écartés de ce débat qui nous concerne tous : la culture d’une société est le reflet de son intelligence, de son attachement à la liberté et de son idéologie.
    Le fond du problème se situe dans les moyens que vous souhaitez mettre en œuvre. Ceux qui souhaitent la mort des maisons de disques sont des extrémistes et, comme tous les extrémistes, leur point de vue ne vaut généralement pas grand chose. En revanche c’est ceux qui la prédisent, sans pour autant la vouloir, que vous déroutez le plus, et je partage leur point de vue.
    Croyez vous que les consommateurs qui achètent sur les plateformes légales ne sont pas aussi en majorité aussi des “pirates” ? Comment vont-ils acheter de la musique dématérialisée pour leur baladeur une fois que vous leur aurez coupé l’accès a Internet ?!
    Votre industrie mérite peut être d’être sauvée ; mais quel paradoxe de vouloir sauver une industrie véhiculant toutes les valeurs énoncées plus haut en systématisant l’espionnage, en s’affranchissant de la fourniture de preuves tangibles, en rendant impossible de se défendre et en privant certains citoyens d’un moyen de communication !
    Clairement M. Rony, quand on vous voit vouloir sacrifier tous nos idéaux, et notre liberté si chèrement acquise au cours de l’histoire, pour sauver, peut-être, votre industrie et que nos institutions approuvent : nous nous sentons trahis !
    Pour résumer : aussi grande que soit la détresse de l’industrie musicale, cela ne justifie pas l’ampleur des moyens et surtout des entraves au libertés et à l’égalité (défense, etc…) que vous souhaitez nous imposer.
    Mais focaliser le débat sur ces questions est aussi agiter un chiffon rouge pour détourner l’attention à la veille, peut-être, d’un virage, d’un grand bouleversement, que vous fuyez par peur de ce qui pourrait arriver à l’industrie du disque, telle quelle est aujourd’hui.
    LA grande question est : quelle culture voulons nous pour demain ? Celle orientée markéting et profits qu’on nous impose depuis des années ou une alternative nouvelle qui serait en train de poindre ?
    Il n’a pas toujours fallu de grands moyens pour faire de grands artistes, et ceux là n’ont, à ma connaissance jamais eu à s’excuser de gagner de l’argent :)
    A bientôt.

  10. tshirtman a dit:

    pourquoi avoir refusé une license globale qui aurais permis au plus grand nombre de PAYER pour ce qu’ils prennent actuellement gratuitement?

    on en demandais pas plus, et j’aurais volontiers pays mes 5-10€ par mois (largement plus que ce que je dépense actuellement), multipliez par supposont les 2/3 des abonnements internets en france et comparez aux revenus de la SACEM…

    maintenant le seul choix légal pratique (c’est a dire qui ne demande pas de prendre le temps de transformer le cd en fichiers soit même) implique de passer par des distributeurs qui passent des accords avec vous, alors que vous auriez pus avoir tout le bénéfice!

    mais bon a vouloir prendre le progrès a reculons on fait toujours des mauvais choix…

    Si vous pensez que les artistes ont besoins de vous, prenez les décisions intelligentes pour qu’on ne vous considère pas comme une énormité pachidermique antédiluvienne et globalement agressive…

    ps: mon père est intermitant du spectacle, et je peut vous garantir qu’il ne pense pas que du bien de la sacem…

  11. Patrick C a dit:

    Je remarque que vous argumentez toujours dans le sens de votre loi (je l’appelle votre car elle est faite sans consultation des français ou plutôt contre eux, hormis bien sûr quand on leur demande via un sondage biaisé). Par contre, toujours pas de réponse à l’argumentation principale: vous avez plus de 10 ans de retard quant à l’offre de musique sur internet (je vous ai déjà fait un commentaire là dessus, vous pouvez vous y reporter) et vous ne semblez toujours pas montrer un semblant de mouvement. Vous faites des promesses (si les français sont sages, on étudiera une évolution de l’offre) mais vous n’agissez pas. Comme je (et je pourrais dire nous puisqu’on a été plusieurs à vous le dire) vous l’ai déjà signalé, c’est contre productif et surtout contre votre propre intérêt. Pour faire simple, en musique, on attend:

    - une offre complète (pas envie de chercher à savoir quel disquaire en ligne a telle ou telle exclusivité)
    - une offre saine, loyale et marchande sans ce faux système d’achat que sont les DRM (en fait équivalent à une location à durée indéterminée)
    - des tarifs adaptés à la qualité technique du produit. Si la qualité (encodage) est inférieur au CD, le prix doit être inférieur. La suppression du support physique et des contraintes de la distribution physique (transport, pétrole etc.) doit amener des baisses de prix et non une augmentation comme actuellement. J’ai trouvé des disques de Bénabar à 7€ neuf, la même chose sur le net en qualité inférieure coûte 10 €,

    - une exploitation de l’innovation technique dans le sens d’un service supplémentaire au consommateur et non contre lui. Vous avez gaspillé plus de 10 avec des recherches sur les DRM, nous n’avons pas de possibilité d’acheter des morceaux qui incluent directement les paroles. Il n’y a pas non plus de système qui garantissent la possibilité de retélécharger un morceau acheté en cas de crash de notre disque dur: ce type de service est variable suivant les vendeurs et a une limite dans le temps. C’est limite d’être une négociation au cas par cas

    - une vraie liberté pour nos choix pour lire la musique (ne cherchez pas à nous imposer votre modèle économique, suivez la demande de vos consommateurs plutôt que de leur faire des procès)

    Bref, vous continuez à avancer contre le vent, contre vos consommateurs, et vous pleurnichez d’être incompris. Commencez par agir comme des acteurs économiques feraient, se bouger pour s’adapter à la demande. Et je n’ai parlé que de la musique, on pourrait en dire autant des films…

    Quant à savoir si vous avez des personnes compétentes pour discuter du filtrage, permettez moi de douter: la discussion issue de la commission Olivenes parlait d’expérimentation de filtrage, la loi proposée ne parle même plus d’expérimentation. Permettez nous donc de faire plus confiance à des experts indépendants quant aux risques de ces filtrages plutôt qu’aux votres qui sont prêt à passer directement de la phase proposition à la phase application sans passer par l’expérimentation. Tiens, pour donner un lien sur ce sujet:

    http://www.laquadrature.net/fr/principe-interets-limites-et-risques-du-filtrage-hybride

  12. fredleborgne a dit:

    La musique a un prix ?
    Lequel ?

    Par qui est payée la formation de l’artiste ?
    Les salaires ne sont-ils pas excessifs dans la filière de l’enregistrement ?
    Les radios paient la musique avec les recettes publicitaires payées par les consommateurs. L’artiste fait des concerts. Le prix des débits pour les téléchargements est quasi négligeable pour un titre et peut encore une fois être payé avec des recettes publicitaires.

    Un CD ou DVD est devenu un support périssable à cause des “progrès techniques”. Le titre de propriété d’une oeuvre téléchargée légalement n’est pas fiable en cas d’accident de disque dur.
    Pourquoi aujourd’hui acheter de la musique dont on nous rabat les oreilles à la radio, que les droits à diffusion ont été payés, et que nous avons le droit, au nom de la copie privée, d’enregistrer pour notre usage personnel si nous voulons l’écouter “à la demande” ?

    Ne vaut-il pas mieux se poser la question d’un autre modèle, dans lequel déjà l’artiste toucherait plus que tout le reste de la filière pour “favoriser sa création” puisque c’est lui seul qui crée ?

    Pourquoi un simple “interprète” devrait toucher des droits durant 95 ans, alors que seul Jordi s’il vivait centenaire pourrait en profiter jusqu’au bout ?

    Quel boulot normal permet de toucher “ad vitam eternam” des royalties ?

    Monsieur Rony, je pense que dans l’intérêt de tous, il serait temps de changer de disque

  13. bregeon cyriaque a dit:

    *Un disque de variété n’est pas rentable si on en vend moins de 80 000 à 100 000 exemplaires.

    le systeme en place est depasse et gangrene par de multiples pique assiettes qui alourdissent la facture finale
    un nouveau systeme serait profitable à tous (sauf aux pique assiettes evidemment qui eux ne veulent pas que ça change)

    *Mais beaucoup d’amateurs sincères de musique, sensibles au respect du travail et du talent.

    ce qui veut dire que les “pirates” n’aiment pas la musique et ne respectent pas les gens ?
    Denigre vos opposants ne retablira en rien un dialogue difficile et vous decribilisent quand vous vous dites « choques » par certains commentaires car vous ne faites pas mieux

    *faut-il passer son temps dans ce pays à s’excuser d’avoir gagné de l’argent !

    j’entends cette remarque de ci de la depuis un certain temps
    il n’y a aucune honte a gagner de l’argent si ce n’est en faisant de tort a personne
    gagne beaucoup d’argent en s’endormant sur ses lauriers, en ne proposant rien de nouveau et en modifiant les regles et lois a son avantage, ce n’est pas honnete

    exemple :
    quand une usine ferme quelque part parce qu’elle ne fait pas “assez” de benefices,
    les ouvriers sont gentiments invites a se reconvertir au nom de la “loi du marche”

    mais on dirait que ces precepts capitalistes ne doivent pas s’appliquer a votre industrie ?!?!
    j’aimerais comprendre pourquoi ?

    si un nouveau marche se met en place et tue un autre marche, c’est la loi du marche non ?
    vous le dites vous meme : il n’y a pas de honte a gagner de l’argent
    dans ce cas, l’argent est juste deplace vers un autre systeme economique
    quelqu’un perd de l’argent mais un autre en gagne

    si le marche du disque est en deconfiture totale, c’est peut etre qu’il n’a plus sa place
    et doit etre remplace par un autre systeme. Ca aurait pu etre la licence globale qui ouvrait des possibilites a de multiples acteurs de créer un nouveau systeme economique, mais apparemment, celle ci ne rapportait pas assez a certains d’entre vous.

    mais pourtant, je n’ai jamais vu l’etat defendre avec autant de vigueur, et a force de loi comme dans votre cas, des ouvriers qui restaient sur le carreau
    en effet, dans la situation presente, l’etat intervient carrement pour votre plus grand benefice au plus haut niveau, en utilisant le temps de nos parlementaires pour vous pondre des lois sur mesures

    on dirait que votre industrie beneficie d’appuis particulierement solides, c’est aussi certainement ce qui vous rend aussi impopulaire
    le principe du “2 poids 2 mesures” beneficie encore et toujours aux memes personnes
    c’est du capitalisme « arrange » : quand, pour une fois, ça beneficie aux consommateurs, la il faut changer les regles du jeu bien sur

    bref, et pour conclure 2 choses :

    1/ les artistes comme souchon et hallyday qui se plaignent des mechants pirates, je leur dirais comme on dit aux ouvriers qu’on licencient pour motif economique :
    “mais vous n’avez qu’a faire un effort et vous reconvertir”

    2/ grace a vous, de multiples lois et restrictions vont etre mises en place sur internet
    grace a vous, ce sont des milliers de personnes qui vont perdre un peu plus de libertes dans un des seuls endroits restant ou on pouvait encore ne pas se sentir oppresse continuellement par le marketing et le fric (contrôle des blogs, contrôle des espaces de stockages personnels, ports filtres, etc… la liste est longue)

    expliquez moi en quoi j’ai tort. En attendant, je continue a boycotter toutes formes de medias imposes : pas de CD, pas de TV
    je milite activement autour de moi pour expliquer le danger que vous representez

  14. Ouache a dit:

    “Cependant, en économie le prix s’il est déterminé en partie par le consommateur, l’est aussi au vu du coût du produit. Et surtout le prix ne pourra jamais baisser au point de n’être plus en mesure de rémunérer l’ensemble des acteurs de la filière.”
    Comment expliquez vous les prix des cds en france, si vous faites autant d’éfforts que vous le dites?
    faisons un comparatif très rapide sur un très grand vendeur en vpc international, amazon pour ne pas le citer, sur ses différents sites, en prenant le prix de la plupart des albums dans le top 10 des ventes:
    US: 10$ (6,4€)
    Chine: 32Yuans (3€)
    Japon: 2000yens(en étant généreux) (11,8€)
    Canada: 13$can (8€)
    France: 15€
    A l’exception de la chine, ou on peut supposer que les artistes peuvent vivre et vendre pour moins cher (rassurez vous, je ne vais pas vous proposer de délocaliser la snep à shangai); même le rajout d’une tva complète à 20% ne parviens pas a excuser la différence avec les autres pays industrialisés.
    Qui est selon vous le responsable de cet écart de prix?

    Le net ne sert pas qu’a ‘pirater’. il sert aussi a voir et découvrir ce qui se fait ailleurs.
    et c’est aussi pour ca que toute idée de filtrage du net me révulse au plus haut point; la mondialisation ne doit pas que bénéficier aux entreprises, vos clients (qui on tendance a l’être de moins en moins vu les tarifs des postes internationales) y on aussi droit; et les idées que vous défendez vont contribuer a nous isoler et nous emprisonner, pour défendre des préoccupation commerciales qui n’ont rien d’artistiques ni d’éthiques.

    Quand à l’UFC que choisir, si vous estimez qu’elle est puissante, elle ne l’est visiblement pas assez, malheureusement. Et en tout cas vous ne devriez pas vous étonner qu’en tant que citoyens lambda, nous y soyons plus attachés qu’a une organisation professionnelle tout aussi influente mais qui ne défends que ses intérêts propres et ceux de la petite corporation qu’elle représente.

  15. Eddie a dit:

    Juste pour ajouter la position de Louis Bertignac à une époque (je pense pas que cela ai beaucoup changé depuis mais bon ,je ne suis pas dans sa tête)

    http://www.bertignac.com/solution

    Son article date de 2006 ,et celui là, dans les médias on en a pas parlé ,pourtant je ne pense pas qu’il fasse partie de ces méchants téléchargeurs….

  16. Alain a dit:

    “Trop de gens ignorent totalement l’économie de la culture”. Justement, j’en fais partie et pourtant l’approche économique me semble pertinente pour parler d’une filière industrielle, de ses évolutions et des rapports avec ses clients.

    J’aimerais comprendre ce que je lis : “Un disque de variété n’est pas rentable si on en vend moins de 80 000 à 100 000 exemplaires. Moins de deux disques du dix rencontrent leur public et permettent de couvrir les frais.” …

    Question 1 : Donc, un producteur se prend quatre fiasco sur cinq, et le disque qui marche doit couvrir les tous les frais des cinq, réponse 1A : 100.000 réponse 1B: 500.000 ?

    Nous sommes d’accord, d’un revers de la main, on ne peut pas supprimer la notion de coûts et de rentabilité.

    Question 2 : est-ce possible de parler d’économie avec des euros, plutôt qu’avec une unité de compte “Nombre de disques vendus”, surtout si on doit parler de dématérialisation et de téléchargement, qui suppriment la notion de disque ?!

    A/ Un artiste (ou un groupe d’artistes, de tout sorte : auteur, compositeur, interprète …) est prêt à réaliser une oeuvre. De quoi vit-il depuis tout ce temps : de l’air du temps, de petits boulots, de ses oeuvres précédentes, … peu importe (mais, tout de même : faut s’assurer qu’il puisse vivre !).

    B/ Un producteur croie à ce projet et investi dedans : il paie l’artiste (certainement), la location du studio et du matériel, les autres interprètes si besoin et un ingénieur du son ou plusieurs. Tout ce monde travaille, et finalement le producteur sort un fichier : le master.

    Question 3 : si ce processus est vaguement correct, à combien monte l’investissement à ce stade ? (j’imagine que ce n’est pas la même chose pour Cabrel que pour l’orchestre symphonique de Paris, la salle est plus grande ;-) mais bof … Rappel : en euros SVP !

    C/ A partir de ce stade, sommes-nous d’accord qu’on peut avoir deux filières :
    - le pressage du CD et sa distribution physique (magasins, disquaires, VP ou e-commerce)
    - un traitement informatique certainement, et une diffusion en téléchargement sur le Net

    Question 3 : connait-on les coûts (fixes/variables, directs/indirects) de ces deux filières “logistiques” (si j’ose dire) ?

    D/ J’imagine qu’il faut faire “un peu” de pub et de promotion des ventes, y compris passage à la radio, à la TV, reportage dans les magazines, …

    Question 4 : l’ordre de grandeur du coût de promotion dépend-il de la filière retenue ? (si c’est la même chose, alors cela n’a pas d’impact sur notre propos)

    C/ Comme il faut être optimiste, on va considérer que çà marche (un cas sur cinq) !

    Question 5 : combien touche l’artiste (ou le collectif d’artiste) et combien touche le producteur, et selon les deux filières si cela a un impact ?

    D/ Comme il faut être réaliste, il faut envisager que çà ne marche pas (quatre cas sur cinq)

    Question 6 : bilan des pertes pour le producteur (voire pour l’artiste) ?

    Merci d’avance de bien vouloir m’éclairer sur cette partie obsure du sujet.


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