Le contrôle des flux Internet : une mission impossible ?

L’UFC-Que Choisir (encore elle) a récemment publié un communiqué dans lequel il est expliqué que la suspension de l’accès à Internet est impossible sans suspendre également l’accès à la télévision et au téléphone dans le cadre d’un triple-play.

Ce risque ne repose sur aucun fondement.

En effet, plusieurs solutions existent pour couper l’accès à Internet sans couper le téléphone ni la télévision.

1ere possibilité :

Si le fournisseur utilise plusieurs liens logiques pour collecter les flux de chaque abonné : un lien logique pour les flux Internet, un autre lien logique pour les flux voix, alors celui-ci peut demander la déconfiguration du lien logique Internet à l’opérateur qui attribue ces liens.

2eme possibilité :

Le fournisseur d’accès peut définir un filtre type access-list sur l’équipement d’accès déposé chez l’abonné et dont il a le contrôle. Ce filtre peut couper les flux Internet et laisser passer les flux vers les plateformes de service de l’opérateur (Voix, Télévision).

3eme possibilité :

Le fournisseur d’accès peut définir un filtre type access-list sur l’équipement du réseau qui termine la connexion de l’abonné. Cet équipement est toujours chez l’opérateur même dans le cas d’un accès non dégroupé.

Il existe donc plusieurs solutions (cette liste n’est pas limitative) pour suspendre les flux Internet d’un abonné sans lui couper le téléphone et la télévision. Le choix de la solution mise en œuvre dépendra de l’architecture du réseau de l’opérateur et de la façon dont il gère ses abonnés.

Par ailleurs, il n’existe pas de difficulté technique majeure pour réaliser ce type de coupure, même pour des abonnés non dégroupés, l’opérateur possédant toujours le contrôle de l’équipement qui termine la connexion de l’abonné.

Enfin est-il besoin de rappeler que les flux téléphoniques et télévisuels sont facilement identifiables via les adresses IP des serveurs de l’opérateur qui  fournissent de tels services.

Malgré ces évidences, l’UFC-Que choisir continue sa campagne de désinformation en prétextant que la suspension de la seule connexion à Internet est impossible.

La référence à une note du CGTI (conseil général des technologies de l’information) à laquelle procède l’UFC-Que Choisir est étonnante puisque cette organisation reconnaît elle-même qu’elle ne possède pas ce document.

Une dernière remarque : pourquoi les fournisseurs d’accès ont-ils en toute connaissance de cause signé les accords de l’Elysée qui prévoient notamment la suspension de la connexion à Internet si cette dernière n’était pas possible sur un plan technique ?

David El Sayegh


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14 commentaires sur “Le contrôle des flux Internet : une mission impossible ?”


  1. Sub a dit:

    Bonjour,

    S’il est peut_être possible techniquement de discriminer les flux TV (qui arrivent aux Dslams par une fibre dédiée) du reste, et donc éventuellement de les maintenir (quoique des flux montants purement Internet soient probablement nécessaires, il parait un peu plus ardu de laisser passer les flux VOIP en bloquant le reste. Tout filtrage a un cout, alors qui va payer ? L’Etat , les ayant droits ou le présumé coupable ? Dans ce dernier cas, on aura donc une triple peine potentielle: coupure de l’accés Interent, amende (facturation des couts de la coupure et paiement de l’abonnement) et ensuite d’éventuelles poursuites au civil et au pénal.

    Quant à la signature des “accords” de l’Elysée, certraines rumeurs laissent à penser que les signatures étaient obtenues sur des versions provisoires ds documents …d’ou l’ire de certains FAI lors de la publication du document final.

  2. Anti-Hadopi a dit:

    D’après Free et Dailymotion tous les FAIs ont signés un papier BLANC.

  3. ikariya a dit:

    rhooo la vilaine propagande contre UFC, si ce n’était pas si gros on ne s’en serait pas rendu compte.

    Sauf que le soucis c’est que l’UFC s’appuie sur un document rédigé par les FAI et que le CGTI a annexé à son rapport technique. Or le CGTI c’est l’organisme qui décortique les solutions techniques pour le gouvernement et on vient d’apprendre que il avait pris en compte ces problèmes techniques soulevés par les FAI (http://www.pcinpact.com/actu/news/49283-orange-sfr-numericable-suspension-amende.htm?vc=1#vc).

    Ce document, est sa prise en compte dans le rapport technique du CGTI est une preuve supplémentaire, s’il en fallait une que :

    1/ Ce projet s’il est réellement mis en oeuvre coutera une fortune au contribuable
    2/ Que le projet viole tout un tas de principe de la concurrence commerciale
    3/ Qu’il est purement et simplement inapplicable en l’état.

  4. Guillaume a dit:

    J’ajouterai aux précédents commentaires que la Fédération Française des Télécoms qui représente entre autres France Telecom/Orange et SFR s’est très récemment déclarée contre la suspension de l’abonnement par la loi “Internet et Création”.
    Je vous invite à lire http://www.pcinpact.com/actu/news/49283-orange-sfr-numericable-suspension-amende.htm

  5. Kikool a dit:

    “Par ailleurs, il n’existe pas de difficulté technique majeure pour réaliser ce type de coupure, même pour des abonnés non dégroupés, l’opérateur possédant toujours le contrôle de l’équipement qui termine la connexion de l’abonné.”

    Tiens, dernière nouvelle… Et si je possède un modem/routeur Cisco ou autre ? C’est Orange qui me l’a fourni et qui le contrôle ? NUTS !

    “Une dernière remarque : pourquoi les fournisseurs d’accès ont-ils en toute connaissance de cause signé les accords de l’Elysée qui prévoient notamment la suspension de la connexion à Internet si cette dernière n’était pas possible sur un plan technique”

    Ils ont signé “en blanc”, une ébauche de projet dont ils n’ont pas eu le droit de conserver une copie, et SOUS RESERVE DE FAISABILITE, nonméo, faut se renseigner avant de dire des conneries !

  6. phileasfog a dit:

    J’aime bien les personnes comme vous en sachant que vous n’êtes que des pions sur un échiquier et que quand vous ne servirez plus à rien , on vous jettera comme un vulgaire déchet.
    Alors êtes vous capable de sécuriser un pc de A à Z convenablement ( sans faire appel constamment à un professionnel ) ?
    Croyez que mme michu soit capable de le faire ( Je suis pessimiste et elle abandonnera vite fait vu la complexité de la chose et du prix de revient de la maintenance du professionnel ) ?
    Je doute car même sont ceux qui travaillent dans le milieu sont les premiers à faire des bourdes même avec des pc administrés ( donc gérés par un administrateur donc censés être sécurisé ) ( voir affaire de l’album U2 récement ) .
    Connaissez vous ce genre d’attaque , l’I.P spoofing ( http://www.securiteinfo.com/attaques/hacking/ipspoofing.shtml ) ( et ce n’est qu’un exemple ) qui comdamnerait des innocent(e)s ?
    Que faites vous en ce qui concerne les logiciels libres ? En effet l’imposition de votre logiciel privilégie M$ windows ce qui est anti-concurrentiel car monopolistique alors qu’il y a des entreprises comme Mandriva , Canonical Ltd , Sun microsystem ( Solaris ) , etc…
    Ensuite votre loi de censure extrémiste va privilegier certains artistes les plus gros, pas les plus petits, car ceux ci ne rapportent rien aux yeux des entreprises que vous défendez .
    Bien avant la HADOPI certains députés , certains maires avaient peur de ce genre de loi craignant une recrudescence de la délinquance car les jeunes ne pourraient plus s’occuper discrètement ,tranquillement , pacifiquement si on en vient à tout faire payer .
    Qui ira acheter sur internet sachant qu’il n’ y a aucun support physique ( cd , dvd ) de fournit et que même avec cette loi vos musiques sur des sites comme APPLESTORE par ex. risquent d’être drmisées donc limitées à un certains nombre de copie ( Au bout de trois fois les musiques bloqueront mon transfert sur mon baladeur )?
    N’avez vous pas peur que la culture Française tombe aux oubliettes à long terme à tout faire taxer ?
    En même temps moi je dis ça mais on verra vous serez ptêt le premier à faire le frais de vos propres lois .
    N’avez vous pas l’impression de jouer les dictateurs et de recommencer les erreurs du passé ?
    Bon , vous me faites rire , si internet survit à ça chapeau et tant mieux .

  7. barbenoire a dit:

    1/ Ce projet s’il était techniquement possible, ne pourra pas être mis en oeuvre car bcp trop couteux, en rapport avec le budget Hadopi ( ni les fournisseurs, ni les contribuables ne paieront
    2/ Le projet viole des principes de la concurrence commerciale et a toutes les chances d’être refusé par le conseil d’état
    3/ Le projet est inapplicable en l’état.
    4/ La loi européenne 208, votée par 88% des députés européens et invalidée par veto par la France en 2008 (à l’époque à la direction de l’europe), sera revotée en 2009 et interdira les suspensions d’accès internet (pour cause de téléchargerment), rendant caduque l’application de cette loi Hadopi.

    En ces périodes de crises, le gouvernement a encore des moyens et du temps à gaspiller!!!

  8. Tom a dit:

    Free également…
    http://www.pcinpact.com/actu/news/49358-free-filtrage-blocage-riposte-graduee.htm

    les accords Olivennes au cimetière ?

  9. Pierre a dit:

    Cette loi est une aberration. Elle est dépassée avant même d’être appliquée et présente de grosse interrogation tant sur son application que son coût. Elle est dépassée à cause de toutes les techniques existantes permettant d’anonymiser sa connexion, crypter ses échanges P2P ou utiliser du téléchargement direct (type http ou ftp). Les “pirates” ne souffriront pas de cette loi, ceux qui seront pénalisés seront les “petits” qui téléchargent un ou deux morceaux de temps en temps, ou alors ceux qui ne téléchargent rien mais qui auront tellement peur de se faire pirater leur connexion qu’ils achèteront un “logiciel de sécurisation”. Logiciel qui n’est ni gratuit ni interopérable !

    Mme Albanel tente de camoufler ces problèmes en bottant en touche, trouvant de nouvelles solutions. Les hotspots wifi posent problème ? Qu’à cela ne tienne, on va limiter le net à une liste de sites validés. Validés par qui ? De quel droit ? Sur quel critères ? Restons flous là-dessus cela permettra d’éviter les questions.

    Il existe des logiciels de protection permettant d’éviter la détection ? Mme Albanel est sûre qu’il est possible de créer des “contres logiciels” pour régler ce problème. Encore une fois, les défenseurs de cette aberration montrent leur ignorance et leur incompréhension de l’internet.

    Sans compter le prix de ces mesures. L’envoi de lettres recommandées prend à lui seul plus d’un tiers du budget annuel de l’Hadopi. Et il faut encore payer les frais de fonctionnement, le personnel, les coûts d’identifications des internautes par les FAI, les coûts de mise en place de solution de coupure de l’accès internet, les frais de justices pour les internautes contestants les décisions de l’Hadopi, etc.

    Cette loi est mal pensée, coûteuse, inefficace, inégalitaire, imprécise…

  10. Blastm a dit:

    Ce que je comprends de votre article, c’est qu’en fait, ce que vous demandez, ca va nous coûter de l’argent…
    Soit a nous en tant que client des FAI, soit a nous en tant que contribuable.

    On ne étonnes donc pas de la position de l’UFC qui défends nos intérêts (et non ceux d’exilés en suisse); Parceque je doute que ce soit la SNEP qui se propose de mettre la mains au portefeuille pour financer les infrastructures réseau afin qu’elles réalisent ce que vous leur demandez.

    Alors pour vous, ok, c’est possible. Maintenant, dites nous combien.
    On aimerait comparer ce que ca va nous coûter avec ce que vous escomptez en terme de hausse de vos chiffres d’affaires une fois cette loi voté..
    Mais je serais étonné que vous ayez chiffré précisément le coût matériel au niveau national; et toute estimation que vous pourriez faire de l’efficacité de cette loi ne pourrais être que profondément pifométrique…

  11. Ouache a dit:

    “Une dernière remarque : pourquoi les fournisseurs d’accès ont-ils en toute connaissance de cause signé les accords de l’Elysée qui prévoient notamment la suspension de la connexion à Internet si cette dernière n’était pas possible sur un plan technique ?”

    Dans la signature des accords du patron de la Fnac,
    Les FAI on promis de mener des études de faisabilité;
    Et les industries du loisir on promis de faire leur possible pour rendre attractive l’offre légale..

    A ma connaissance ni l’un ni l’autre n’as été fait; 1 partout balle au centre…

  12. Nicolas a dit:

    Bonjour,

    Visiblement votre expert ne connait pas les subtilités du protocole DHCP… Etant abonné chez free, il me sera toujours possible de surfer sur le net même en cas de “filtrage” de flux internet.

    Le problème technique de la loi “création et internet” est fondamentalement qu’il repose sur la reconnaissance de l’adresse IP du téléchargeur. Une adresse IP n’est qu’un moyen technique de router des paquets. En aucun cas, elle permet d’identifier de façon fiable un internaute. Cette loi risque fort de finir en “machin” parce que :
    - dès sa mise en place, des internautes illumineront les réseaux P2P par de faux paquets avec des adresses IP aleatoires,
    - des téléchargeurs avertis changeront leur adresse IP afin pour ne pas être repérable.
    - les autres téléchargeurs utiliseront des logiciels de P2P anonyme (ces logiciels exitent déjà).

  13. Wyrm a dit:

    Il y a une référence à ce présent post sur http://www.pcinpact.com/actu/news/49407-david-sayeg-snep-presomption-liberte.htm
    .
    J’ai adoré cet article, je ne sais même pas si je dois en rire ou en pleurer.
    .
    - “J’ai consulté un expert, on a fait un post sur notre blog, qui nous dit que c’est tout à fait possible, il n’y a aucune difficulté, c’est juste une problématique d’organisation du réseau.”… Possible, ok. Rentable, efficace… Ca reste à voir.
    - “Dans l’affaire SABAM/Tiscali, ils nous ont expliqué pendant des années que ce n’était pas possible, on a fait appel à un sachant, et celui-ci a dit qu’il y avait au moins cinq solutions possibles.” Même remarque: tout le monde est d’accord pour dire qu’on “peut” filtrer. Tout ceux qui s’y connaissent (et sont de bonne foi) rajoutent que l’efficacité est proche de zéro.
    - “… quand vous êtes contrefacteur il faut prouver [...] et d’autre part la responsabilité édictée par le texte de l’Hadopi.” Sauf qu’il faut quand même prouver que c’est bien la connexion qui a été utilisée. Une adresse IP est une preuve très mince. (Spoofing, listes de sources peu fiables, etc.) Un traitement automatisé a un risque d’erreur très important. Même si vous ne comptez prouver qu’un “défaut de sécurisation de ligne” (et je trouve déjà ça abusif comme chef d’inculpation), vous devez prouver et non suspecter que l’accès internet a été utilisé à des fins illégales.
    - “vous recevez un message, et une lettre, c’est un rappel à la loi, et si, par extraordinaire, on arrive à la dernière phase, il y aura une procédure contradictoire.” (Ca serait quand même bien de pouvoir se défendre AVANT la dernière phase, justement) “A partir du moment où il y a une telle procédure matérialisée par un constat, il n’y a pas de présomption de culpabilité !” (Sauf que votre constat doit être probant. voir ci-dessus)
    - “Alors, il faut peut-être qu’il soit labélisé, efficace - ce n’est pas n’importe quel logiciel - mais Il n’est pas dit que votre cause de responsabilité tombe si le logiciel est défectueux.” Sauf que les amendements donnant une certaine liberté de choix à l’utilisateur ont été refusés (au minimum, l’interopérabilité serait un pré-requis; la gratuité serait également très appréciable; je ne pousserai pas jusqu’à demander des logiciels libres) Hors, sous le prétexte justement de la “liberté de choix des utilisateurs”, cela a été refusé. Je n’arrive toujours pas à comprendre la logique du rapporteur.
    .
    Votre argumentation tiendrait la route si le projet de loi était raisonnablement fiable. Hors, à ce jour, toutes les sécurités sont refusées.

  14. guik a dit:

    et qui va payer, les FAI ?


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