Philippe Val, une référence radicale contre la gratuité

Quand, sur ce site par d’autres canaux, les artistes, les producteurs et les industries culturelles répètent encore et toujours que la gratuité des œuvres n’est pas défendable dans son principe (à moins bien sûr qu’elle ne soit librement décidée par les artistes ou les producteurs eux-mêmes), ils se trouvent pris sous un tir de barrage. On leur explique que la gratuité est moralement juste et qu’elle est dans l’air du temps (selon ce sophisme que le coût marginal d’une copie sur internet étant nul, il est rationnel et bon que cette copie soit gratuite, et surtout sans l’assentiment des créateurs et des producteurs des œuvres).
Et s’attaquer du point de vue éthique à la circulation gratuite et incontrôlée des œuvres est donc par essence liberticide, immoral par essence et – disons-le tout net – franchement de droite. Ici au Snep, nous avons été ravis de lire l’article de Philippe Val (qui, on le sait, est le parangon de l’homme de droite immoral et ennemi des libertés individuelles) sur la gratuité dans Charlie Hebdo n° 874.
Dans un long développement, le directeur de Charlie Hebdo explique que « dans une société précisément marchande, rien n’est gratuit », que légaliser le piratage des biens culturels ou le tolérer sans chercher à le combattre reviendrait, pour un état démocratique, à se renier lui-même. Soucieux d’équilibre, Philippe Val a donné dans le même numéro de son hebdomadaire la parole à Oncle Bernard, le spécialiste d’économie de Charlie Hebdo pour qu’il y défende la gratuité, ce qu’il a fait avec les arguments bien connus déjà.
Sans entrer dans le détail de la discussion intra-Charlie, notons la jolie conclusion de Philippe Val, nouvelle voix parmi les créateurs qui, en France, s’inquiètent de la juste rétribution de la création : « Revendiquer la gratuité générale, c’est faire le deuil qu’un créateur dispose d’assez de temps et de liberté pour composer une œuvre de génie. Le gisement de choses géniales se tarira aussi inéluctablement que le pétrole si les inventeurs de choses géniales ne disposent pas d’un modèle économique durable qui soit en rapport avec leur production et qui leur permette de vivre. Le paradoxe n’est qu’apparent : c’est la gratuité qui fait peser la plus lourde menace sur ce don si précieux et sans prix que contiennent certaines choses. Et c’est la fréquence, la richesse et la qualité de ce don qui mesurent le degré d’évolution des sociétés. »

G.Martin


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6 commentaires sur “Philippe Val, une référence radicale contre la gratuité”


  1. Wyrm a dit:

    Et là, on peut intervenir à plusieurs niveaux:
    - en remettant en cause le modèle de société: pourquoi notre modèle actuel de “société marchande” serait-il le seul viable? Réflexion peut-être trop générale, mais qui vaut la peine d’y penser…
    - qu’est-ce qui définit le coût de quelque chose? en ce qui concerne les créations purement “informationnelles” (pour simplifier, tout ce qui est numérisable), on ne peut pas utiliser sa rareté comme référence puisque l’information est reproductible pour des coûts négligeables (notez que je n’ai pas dit “gratuitement”). Il faut donc de toutes façons réfléchir à un nouveau modèle, même si on exclue celui de la “gratuité”. Notez que réintroduire de force la notion de rareté ne fonctionne pas…
    - au niveau très spécifique de la loi “Création et Internet”, d’autres droits sont en jeu que la liberté d’avoir accès à quelque chose gratuitement… En particulier, les droits à recevoir une sanction équitable après une procédure contradictoire. (Et non, le fait d’avoir passé “le délit de téléchargement illégal” en sanction administrative après l’avoir renommé “défaut de sécurisation de son accès Internet” ne change pas son concept. A la limite, c’est même pire.) Peu importe quelle sanction est à la clé (amende, suspension, etc.), c’est le principe de base de ce projet de loi qui est à revoir.
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    Bref, s’attaquer de front au “modèle de la gratuité” est encore une vieille rengaine qui n’ouvre toujours aucune nouvelle réflexion sur les changements à apporter aux anciens modèles pour une nouvelle ère.
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    Que deviendront les producteurs actuels: extinction ou évolution? Dans tous les cas, la stagnation ne mènera nulle part. “Le monde tourne”… avec ou sans vous.

  2. Suliac35 a dit:

    Sans la musique gratuite de Vivaldi et de tous les musiciens qui l’entourait, Bach n’aurait pas été Bach…
    D’ailleurs, si je ne m’abuse, votre site est réalisé à l’aide de l’excellent logiciel gratuit wordpress, et je salut au passage les artistes qui ont contribué bénévolement à sa réalisation !

  3. Sub a dit:

    Bonjour,
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    J’ai l’impression d’avoir déja lu cet article …
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    Le problème de la gratuité est mal posé. Dans le domaine de la télévision par exemple, on dispose de modèles de gratuité qui permettent tout de même de se financer: la TV publique financée par la redevance, des taxes et encore un peu de publicité, la TV gratuite privée financée par la publicité. Il existe aussi une TV payante sur abonnement, et un marché de vente de DVD et de VOD d’émission de TV. La TV hertzienne gratuite doit-elle donc disparaitre car elle fait peser un risque terrible sur la création ?
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    De même sur internet, je suis d’accord avec le fait que la création doit être financée. Alors financons la par la redevance copie privée (c’est déja le cas), par une redevance sur un télèchargement légalisé en tant que copie privée, et vous verrez qu’il y aura encore du monde pour acheter des CD et des MP3 ou s’abonner a des services à VALEUR AJOUTEE . Essayer d’endiguer le flot par des mesures répressives ne va faire que reculer le moment de socialiser son financement, et donc accroitre les pertes de la profession.
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    Cordialement,

    Patrick

  4. alain connu a dit:

    J’aimerai reagir sur votre communique apres le rejet de la loi hadopi,je cite:

    “Le SNEP a appris avec une profonde déception le rejet inattendu du projet de loi « Création et Internet » par l’Assemblée Nationale

    Il dénonce les manœuvres de ceux qui s’opposent à tous les créateurs, les artistes, les producteurs et les professionnels de la musique confrontés à une mutation sans précédent de leur activité. Les responsables de ce rejet retardent d’autant le développement des offres légales et la relance du processus de création.

    Le SNEP est confiant dans la détermination du Président de la République, du gouvernement, de Christine Albanel pour que le texte soit adopté conformément aux engagements qu’ils ont pris et grâce à la majorité qui existe tant au Sénat qu’à l’Assemblée Nationale en faveur de ce texte.”

    Je suis ulcère,comment oser assimiler les opposants a la loi hadopi a des opposants a la creation et aux artistes ?!!Quel honte de faire un tel amalgame.
    Les personnes qui “manoeuvre”contre cette loi sont des personnes qui défende leur liberté fondamentale.
    N’avez vous pas encore compris que cette loi n’est bonne ni pour vous,ni pour les internautes ?
    Même si cette loi passait cela ne réduirai en rien les téléchargements illégaux car toutes les solutions pour la contourner existe déjà (P2P crypte,VPN,téléchargement HTTP,piratage wifi,etc)
    alors a quoi bon s’obstiner a faire passer cette loi inutile?A faire dépenser 76 millions d’euros aux contribuables en pleine crise ?
    Penser vous reelement que les internautes soit prêt a laisser le gouvernement filtrer internet dans un pays soit disant de liberté ?
    Qu’ils soit prêt a mettre un logiciel espion sur leur ordinateur ?
    Qu’il soit prêt a renoncer aux système d’exploitation libre(GNU/Linux) fondamentalement incompatible avec ces logicielles espions?
    Qu’il soit pret a renoncer a leur droit de defence et a la presemption d’innocence pour les personnes injustement prive d’internet ?
    Que les les internautes soit pret a devoir payer leur FAI pour un service qu’ils n’utilisent pas en cas de coupure?
    Et tout ca parce vous n’avez pas su vous adapter a l’aire du numerique et a internet ,vous ne manquez pas de culot

    “Les responsables de ce rejet retardent d’autant le développement des offres légales et la relance du processus de création”

    En quoi ce rejet retarde les offres légales ?Des plateformes comme itune,deezer,etc marche très bien et n’ont pas besoin de cette loi pour se développer.
    Depuis quant la création a t’elle besoin de relance ?
    Bref,il y a certainement des tas de moyens de rémunérer les artistes,avec ou sans vous d’ailleurs
    mais certainement pas aux détriments de nos droits…

    Cordialement,

  5. Animejason a dit:

    Autant que je sache tous les internautes qui vilipende hadopi ne sont pas pour la gratuité puisqu’ils sont soit pour la licence globale (donc un paiement), soit (comme moi) pour une VRAIE offre légale à prix DÉMATÉRIALISÉ (oser vendre un mp3 1€ c’est du VOL). Si il y a gratuité (lire échange) c’est pour remplacer une offre qui est toujours en dessous de tout. Pour en finir je dirais aussi que la culture avec un grand C implique une part de gratuité (musée, expo, concert de nouveaux talents, bibliothèque etc…) et puisque que les industries culturel revendique uniquement pour leur chiffre d’affaire et ne veulent ni entendre parler d’échange, ni de copie privée (sans grassement se payer) alors ces industries ne devraient plus avoir droit à aucun type de protectionnisme et faire comme toutes les autres industries subir la concurrence.

  6. Thibault a dit:

    Après tous ces commentaires qui auraient pourtant dû vous éclairer, vous amalgamez toujours objectifs et moyens. A ne pas vouloir entendre ce que vous disent vos “clients”, vous vous retranchez dans un monologue dénué d’interêt.
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    Vous avez choisi d’être sourd, soit! Les députés, un peu moins, en attestent les derniers événements. Pour le prochain projet de loi, pensez à intégrer des informaticiens au process.
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    Cordialement,
    Thibault


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