Il n’y a pas de raison de le cacher : jeudi n’a pas été une bonne journée pour tous ceux qui, en France, espèrent un cadre légal protecteur de la création, des créateurs et des producteurs. Une mauvaise journée, sans doute, mais assez instructive quant à la qualité et aux arrière-pensées de certains ricanements. Mais passons.
Il reste que la loi Création et internet sera votée, qu’elle sera promulguée et appliquée, puisque telle est la volonté continue du gouvernement, de la représentation nationale et de l’immense majorité des professionnels des industries culturelles. Ce sera seulement avec un petit peu de retard, un autre retard après que, depuis des années, beaucoup de forces économiques ou politiques se proclamant défense des internautes ont voulu que la musique – c’est-à-dire le gagne pain de ses créateurs et le métier des producteurs – soit pillée en toute impunité.
Dans l’habituel lot de petits trépignements d’arrière-garde, on entend dire qu’un sondage « révèle » que la loi Création et internet n’est pas populaire auprès de la majorité des Français. Rien d’étonnant à cela : après que depuis des années on a répété ici ou là que le juste prix de la musique ou du cinéma est de ne pas les payer, il est évidemment gênant pour beaucoup que l’on rappelle que la seule circulation gratuite des œuvres moralement défendable est celle qu’ont décidé librement les créateurs et les producteurs des œuvres.
Pour le reste, nous sommes dans un pays où, depuis belle lurette et sans doute pour longtemps encore, on aime que le gendarme soit rossé, quelque soit l’utilité du gendarme et quelque soit le chemin qu’il surveille. On a connu des sondages contre la ceinture de sécurité obligatoire, contre les radars au bord des routes, contre la vignette automobile et même contre l’abolition de la peine de mort. Et, si le sondage avait été une pratique courante en 1909, quand la rue de Mogador, à Paris, fut la première rue à sens unique de l’histoire française, les Français auraient clamé leur refus de rouler autrement qu’à double sens.
Il reste que le gouvernement, l’écrasante majorité des sénateurs (ainsi, Robert Badinter aurait voté une loi « liberticide » ?) et une large majorité des députés – c’est-à-dire l’expression démocratique de notre peuple – veulent cette loi. Il reste que l’immense majorité des professionnels qui font la création musicale en France soutiennent cette loi. Et, très bientôt, nous allons pouvoir, sur ce blog, parler d’autre chose.
G. Martin
Tags: création et internet, loi, producteur


16 avril 2009 à 11:00
Internaute et mélomane, je suis navré de constater qu’il est impossible de trouver une troisième voie entre la crispation des producteurs et la violence grossière de l’internaute moyen.
Il faut bien admettre que si cette loi passe, ce ne sera qu’au prix d’un coup force (ou du moins de quelque chose qui sera perçu comme un coup de force des maisons de disque).
Le seul résultat sera alors de consommer encore davantage la rupture entre une large frange de la jeunesse et le milieu de la production musicale. Cette rupture, croyez-moi, est déjà palpable. Tous les jeunes que je connais sont intimement convaincus que le système existant est destiné à dépérir tout comme a dépéri le support K7. Les jeunes UMP ont voté à 80% contre ce projet de loi… et le gouvernement peu difficilement se couper de sa future base électorale… Même le parlement européen a jugé cruellement le projet… Les députés en font quant à eux une affaire d’opposition au gouvernement… (les jeux de pouvoir, toujours…)
Vous ne pourrez pas forcer une génération qui a été nourrie au MP3 à y renoncer. La révolution se fera. Elle a déjà commencé à se faire… Mais vous pouvez encore faire en sorte qu’elle ne se fasse pas malgré vous.
Pour cela, il faut ABSOLUMENT que vous fassiez un signe aux internautes : il faut leur montrer que votre objectif n’est ni la pérennisation d’une économie parasite, ni la censure des libertés électroniques.
Il faut leur montrer que vous avez compris que nous étions passés d’une ère de passivité (radio, presse, CD, télévision) à l’ère de l’expression active.
Il faut le faire pour les artistes, même si cela bouleverse votre vision du monde.
Ce blog me semble être un premier pas… même si le dialogue reste assez unilatéral et encore très “passif”…
16 avril 2009 à 13:31
C’est dommage on avait pas besoin d’amalgames géants pour illustrer l’adoption d’une loi voulue par les professionnels de la musique dans une stratégie de survie.
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Bien évidemment elle va être adoptée, et s’avérer rapidement obsolète. Bien évidemment l’intention est bonne, et il est nécessaire de redonner de la valeur à la musique, mais les dérives de cette loi sont belles et bien présentes.
Je pense que la loi arrive trop tôt, voilà pourquoi : http://www.onyourcloud.com/analyse/la-loi-creation-et-internet-arrive-trop-tot
16 avril 2009 à 15:01
Jeudi a été une très bonne journée pour tous les démocrates du pays. Un texte défendu par et pour, près de 10.000 Français contre 39.000.000 qui n’en veulent pas normalement y a à même pas discuter on retire cet horreur, cet immondice, ce texte liberticide qui crée une justice et une police privée, qui anéanti la présomption d’innocence, qui organise pour le compte de quelques-uns un espionnage d’État sur 18.000.000 de familles… Petit rappel cet immondice ne va sauver AUCUNE vie (pas comme la ceinture ou les radars), les représentants du peuple doivent nous obéir à nous et si le peuple ne veut pas de cet chose cet chose doit disparaitre. De plus les arguments défendu par ceux contre ce texte sont portés par de nombreuses démocraties : L’Angleterre n’en veut pas et estime que la coupure est disproportionné; tout comme l’Allemagne qui rajoute que ce texte ne devrait pas avoir sa place en Europe; L’Europe en général veut garantir à tous le droit de s’instruire, de s’informer et de communiquer; la Nouvelle Zélande qui a stoppé son texte sur la riposte gradué a dit “on ne peut pas couper des familles du net sur de simple allégations des ayants-droit” (en France pour couper des familles on aura besoin d’une simple suspicion même pas besoin de preuves); la CNIL a sévèrement critiqué ce texte; tout comme la CNIL Européenne; les artistes Anglais.
En espérant ne pas être encore CENSURÉ.