Pour répondre brièvement à quelques unes des critiques qui nous sont systématiquement adressées dans ces colonnes ou sur les forums de discussion consacrés à la loi Création & Internet …

Nous considérons que la loi création et internet n’est pas là pour définir ce que doit être le marché de la musique. « Des entreprises privées sont seules à être capables ou non de s’adapter. Si elles ne savent pas le faire, tant pis. » Certes, mais encore faut-il ne pas leur demander de traverser la rivière avec un boulet attachée aux pieds ! Or c’est ce qui se passe en ce moment.

Ce que nous voulons c’est que ce texte accompagne la mutation en cours. Il fixe une règle du jeu. Comme cette règle est a priori désagréable pour les internautes car contraignante, elle ne peut évidemment pas être populaire. Mais elle sort internet d’une situation absurde, celle de ne rien faire. Le laisser aller actuel, typique d’un ultra libéralisme aberrant (et ce qui est amusant c’est que ceci est soutenu surtout par des gens qui se disent de gauche !) dont profitent les FAI (autrement plus sympathiques pour beaucoup visiblement, que les affreuses majors !) est funeste.
Je vous le prédis : en ne faisant rien, on anéantira la création en ne donnant plus d’oxygène à des centaines d’artistes de la « classe moyenne » c’est-à-dire ceux qui ne sont plus de jeunes amateurs heureux de compter leurs amis sur le net ni ceux qui surfent sur les succès du Top 10 et qui sont à l’abri. Cette classe moyenne est menacée d’asphyxie. Ne pas le comprendre c’est ne rien connaître du processus de développement et de la pérennité d’une carrière dans le secteur culturel.

Quant aux offres légales, nous faisons notre boulot, les mesures anti-copie disparaissent et il n’y a jamais eu autant de musique disponible à la vente ou à l’écoute légale qu’aujourd’hui.
Il y a profusion de musique et d’offres en termes de tarifs et de styles. Y compris dans les magasins. Je viens d’acheter pour environ 15 euros un superbe album de Bruce Springsteen CD+DVD. Qu’on ne vienne pas nous dire qu’on se moque du consommateur. Et c’est juste un exemple. Trouvez vous que les offres d’abonnements qui vous permettent de télécharger chaque moi des dizaines de titres ou d’albums pour quelques euros sont scandaleuses ? Et si la musique est chère alors , que d’objets ou de services chers ne pouvons nous pas nous offrir systématiquement dès qu’on en a le désir !

Quant à la « taxe » pour copie privée, non ce n’est pas un impôt, c’est une rémunération du travail accompli par les artistes les créateurs et les professionnels et utilisé par chacun de nous en copiant les œuvres. C’est le respect du travail de chacun. Respectez le travail des autres, je respecte le vôtre. Ceci fait partie du pacte social. J’ajoute que 25% des sommes vont à des aides culturelles.

Je crois qu’il y un grave quiproquo sur le fond : on vit dans une société de facilité consommatrice : tout, tout de suite et le moins cher possible. A certains égards c’est une avancée dans une société développée dont il faut se réjouir. Mais il existe des limites économiques à ce postulat somme toute très hédoniste. On ne construit pas un marché efficace en supprimant la capacité d’investir et en laissant s’installer un environnement totalement dérégulé. C’est économiquement non viable.

Nous n’attaquons donc pas nos consommateurs, nous ne cherchons pas à les sanctionner pour les sanctionner, c’est à l’Etat de se charger d’un travail pédagogique et de dissuasion. C’est son affaire, il est légitime pour cela. Cela fait six ans qu’on lui demande !!!!

Et s’il le fait bien et si cela marche - nous sommes persuadés qu’un nombre important d’internautes-citoyens, qui disent aujourd’hui le contraire, réfléchiront à la réception du premier mail de l’Hadopi-, nous pourrons dire que chacun fait son travail pour construire le nouveau marché de la musique.

Telle est notre conviction.

Bien à vous

Hervé Rony


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14 commentaires sur “Pour répondre brièvement à quelques unes des critiques qui nous sont systématiquement adressées dans ces colonnes ou sur les forums de discussion consacrés à la loi Création & Internet …”


  1. Roux a dit:

    Si le modèle économique repose uniquement sur la vente de copies, copie dont le coût est devenu nul lors du passage à l’immatériel, effectivement c’est économiquement non-viable.
    En revanche si l’on abandonne enfin une bonne fois pour toutes ce modèle économique obsolète dans l’économie moderne permise par les progrès technologiques, et que l’on se recentre sur le spectacle vivant pour la musique et sur la diffusion en salles pour le cinéma, qui sont tous deux en progression permanente et battent des nouveaux records chaque année, alors un complément financier reposant sur des systèmes de licences, telles que la copie privée que vous défendez à raison, est une solution économiquement non seulement viable, mais gagnante au moins pour les artistes et leur public. Les intermédiaires en patiront eux quelques peu c’est possible en effet, ce qui explique votre acharnement, mais ce n’est pas la musique que vous défendez, simplement son modèle de diffusion qui a permis aux producteurs de s’accaparer les bénéfices de leurs artistes depuis quelques décennies.

    Si une machine permettait de copier parfaitement sans influence sur l’original des produits matériels, devrait on en priver la société? Barjavel a déjà bien traité le sujet dans ses oeuvres il me semble. L’économie de la rareté fait place à l’économie de l’abondance et c’est positif pour tous.

  2. David Monniaux a dit:

    « Quant à la « taxe » pour copie privée, non ce n’est pas un impôt, c’est une rémunération du travail accompli par les artistes les créateurs et les professionnels et utilisé par chacun de nous en copiant les œuvres. »

    À ceci près que cette redevance est due pour tout support, y compris ceux qui sont utilisés pour des usages n’ayant rien à voir avec la copie des œuvres de ceux à qui elle bénéficie. Ainsi, les supports numériques utilisés par les photographes, les informaticiens, ou les musiciens eux-mêmes sont asujettis à cette redevance.

    Une « redevance » au sens propre est normalement perçue en échange d’un service effectivement fourni (par exemple, pour l’occupation d’une partie du domaine public); or, celui qui paye la redevance copie privée pour des DVD qu’il utilise pour stocker ses photographies ne bénéficie d’aucun service. Il serait donc assez raisonnable de parler de taxe parafiscale.

  3. Le Lustre Connu a dit:

    “Quant à la « taxe » pour copie privée, non ce n’est pas un impôt, c’est une rémunération du travail accompli par les artistes les créateurs et les professionnels et utilisé par chacun de nous en copiant les œuvres.”
    Vraiment ? Pourquoi devrais-je payer pour ces personnes chaque fois que je veux graver une distribution GNU/Linux sur un CD, ou quand je souhaite faire une copie de mes photos de vacances ? Compte tenu de l’usage que je fais des CD vierges que j’achète, non, je ne vois vraiment pas pourquoi je devrais payer cette taxe dont d’ailleurs le montant est exorbitant comparé au coût de fabrication d’un CD.

  4. faucigneran a dit:

    vos arguments sont intéressants et sensés mais autistes : il serait encore plus sensé d’admettre le côté liberticide et contre-productif de cette loi :

    1) liberticide car je connais personne de sensé qui acceptera d’installer sur ses machines un logiciel mouchard fermé venant de l’hadopi

    2) contre-productif car vous sous-estimez le darwinisme chaotique des internautes : plus on les pourchassera plus ils migront vers des techniques qui protègent leur vie privée (cryptage, anonymisation, connection de l’étranger). Et vous sous-estimez aussi leur attachement à leur libertés numériques (même s’ils sont effectivement souvent fautifs dans le non respect du droit d’auteur tel qu’il est conçu à l’heure actuelle) : quand ils recevront un mail d’avertissement, ils appelleront l’hadopi pour savoir quel fichier les a piégés et donc quel ayant-droit procédurier les a balancés, et ne comptez pas alors sur eux pour aller ensuite acheter quoi que ce soit de cet ayant-droit.

    ouvrez les yeux à la réalité crue : le système est désormais devenu plus puissant que n’importe quelle corporation or corporatisme, le client est véritablement roi : c’est aux maisons de disque de proposer des services supplémentaires attractifs par rapport au simple partage de fichiers ; les vrais fans de musiciens et musique suivront.

  5. Faith a dit:

    Il est toujours bon de voir une réponse aux commentaires postés. Merci M. Rony pour cela, même si, come vous vous en doutez, nos points de vue divergent quelque peu…

    “Il fixe une règle du jeu. Comme cette règle est a priori désagréable pour les internautes car contraignante, elle ne peut évidemment pas être populaire. Mais elle sort internet d’une situation absurde, celle de ne rien faire.”
    Donc mieux vaut une mauvaise règle, nuisible sur bien des aspects et probablement inefficace, qu’aucune règle ?
    Désolé, mais non.
    Si la loi se contentait de n’affecter que le piratage, sans effet de bord sur le monde numérique, alors vous n’auriez personne pour lutter contre. Mais vous faites instaurer de nouvelles règles, permettant un filtrage et un espionnage du net illégal comme légal, vous faites renverser la charge de preuve, vous faites instaurer une sanction délirante dans notre monde qui est de couper l’accès internet à une famille…

    “en ne faisant rien, on anéantira la création en ne donnant plus d’oxygène à des centaines d’artistes de la « classe moyenne »”
    Vous confondez toujours création et industrie de la création.
    Que l’industrie soit en danger, c’est possible. Mais par pitié, ne faites pas croire que c’est la source culture. L’art sous licence libre existe et prend son essor, sans exiger de business-model à coup de centaines de milliers d’euros. Allez-vous nous dire que c’est un art de piètre qualité ? J’ose espérer que vous ne commettrez pas cette erreur.

    “Je viens d’acheter pour environ 15 euros un superbe album de Bruce Springsteen CD+DVD. Qu’on ne vienne pas nous dire qu’on se moque du consommateur. Et c’est juste un exemple.”
    Oui, c’est un exemple… j’en ai d’autres: un jour j’ai entendu une chanson de Jad Wio sur Internet et je me suis dit extra ! Je vais peut-être penser à acheter son disque (c’était avant ma décision de boycott)… Son simple album à 22€… Bon, et bien tant pis, pas de Jad Wio chez moi !

    “Trouvez vous que les offres d’abonnements qui vous permettent de télécharger chaque moi des dizaines de titres ou d’albums pour quelques euros sont scandaleuses ?”
    Scandaleuse, oui, tout à fait: ces offres sont dans leur immense majorité une location de musique qui font que si l’on cesse un jour de payer, on perd toute la musique légalement acquise jusque là !!! Un comble !

    “Quant à la « taxe » pour copie privée, non ce n’est pas un impôt, c’est une rémunération du travail accompli par les artistes les créateurs et les professionnels et utilisé par chacun de nous en copiant les œuvres.”
    Non. La taxe pour copie privé est fixée en gros (sans se soucier des usages réels: mon père vous verse près d’un euro à chaque fois qu’il monte un film familial, et il en réalise au moins une quinzaine par an…), et son montant est par ailleurs fixé par ceux qui la touchent (comme nous l’ont montré les dernières bidouilles sur le taux de compression&co) !
    En soit, je suis pour la taxe pour copie privée, c’est une très bonne chose, mais sa mise en place est une aberration. J’aimerais tant pouvoir décider moi même de mon salaire…

    “Nous n’attaquons donc pas nos consommateurs, nous ne cherchons pas à les sanctionner pour les sanctionner, c’est à l’Etat de se charger d’un travail pédagogique et de dissuasion. C’est son affaire, il est légitime pour cela. Cela fait six ans qu’on lui demande !!!!”
    Pourtant vos consommateurs (et pas que les geeks) se sentent attaqués, par vous. Alors, vous pouvez bien sur rejeter la faute sur l’état ou les pirates ou qui vous voulez… mais ça n’arrangera pas vos affaires.
    Vous êtes responsable de l’apparition d’un monstre légal que seul le conseil constitutionnel pourra ramener dans le cadre de la démocratie.
    Rendez vous compte que même le sujet de la loi a du être biaisé: “non sécurisation de la connexion internet” !!! Quel rapport avec le piratage ? Et on l’a vu clairement dans les débats à l’assemblée: ministre et rapporteur parlaient systématiquement des auteurs de téléchargement, pas des gens qui ne sécurisent pas leur ligne.

    D’ailleurs, si je “pirate” une musique en toute conscience, je ne peut pas être accusé de non-sécurisation, puisque c’est moi-même l’auteur de l’infraction ! A moins que je doive sécuriser l’ordinateur contre moi-même ?

    “nous sommes persuadés qu’un nombre important d’internautes-citoyens, qui disent aujourd’hui le contraire, réfléchiront à la réception du premier mail de l’Hadopi-”
    C’est tout à fait vrai… d’ailleurs on verra dans les forums proliférer la question cruciale “quel réseau employer pour ne plus craindre HADOPI ?” Ces réseaux existant déjà, la transition sera rapide et invisible.
    Mais bon, rassurez-vous, vous pourrez montrer aux actionnaires de beaux graphiques indiquant que le piratage baisse (enfin, le piratage visible et quantifiable…)

    Bon courage quand même…

  6. ikariya a dit:

    “Je viens d’acheter pour environ 15 euros un superbe album de Bruce Springsteen CD+DVD. Qu’on ne vienne pas nous dire qu’on se moque du consommateur.”

    Cette seule phrase suffit à démontrer que vous n’avez strictment rien compris au problème et que votre vision des choses reste ancrée dans une mouvance passéiste, bien ancrée dans les années 80 - 90.

    Je vous invite donc a relire l’interview accordée par Massilia Sound System à “la provence”, qui eux semblent avoir un peu mieux compris que vous ce qui se passe. Je cite la phrase la plus emblématique :

    “Et je le comprends très bien : les jeunes d’aujourd’hui, ça fait 15 ans qu’ils téléchargent de la musique. Acheter un CD pour eux c’est un peu comme aller à la messe. Evidemment, le facteur économique m’intéresse moins qu’il n’intéresse les grosses maisons de disque.”

    Voilà, le diagnostic est correct. Les jeunes qui ont 15 ans aujourd’hui ils s’en tappent des CD, ils ont toujours été accompagnés par le net, et c’est pas avec votre système de flicage que ça va les rediriger vers les rayons de la fnac. Il faut vous résigner, avec l’adoption des balladeurs MP3 et la mobilité qu’ils procurent le CD est devenu totalement obsolète, limite ecombrant !!!

    Alors effectivement si vous voulez appliquer à ces gens les recettes qui ont fait le succès du CD à son époque bon courage !

    Quand au passage sur la copie privée, laissez moi rire, si c’était vraiment une redevance et pas une taxe, on aurait le droit de s’en exonérer suivant l’utilisation qu’on fait des supports.

  7. Wyrm a dit:

    Tiré d’une actualité sur la saisie de 27,000 CD et DVD:
    La redevance se monterait à 0.42€ par CD vendu en France. Hors certains veulent les vendre à 0.12€ (plus exactement 12€ les 100 CD). Je lis dans cet article qu’il y a un problème puisque 0.12€ l’unité ne permet manifestement pas d’en reverser 0.42…
    Mais pour moi, il y a surtout un problème en ce que 0.42 > 3 * 0.12. En somme, cette redevance se monte à plus des 3/4 du prix d’un CD. Payer 75% d’une somme pour un “service” dont je ne cherche pas à bénéficier me semblerait particulièrement aberrant.
    .
    Tout ça pour dire que les pratiques imposées par les “ayants-droit” (terme non péjoratif, utilisé pour désigner les personnes représentés par 50% de la commission copie privée) sont excessives et nuisent au marché de l’électronique en France.
    .
    Faut-il en rajouter ici avec une loi excessive? Peut-on prétendre “équilibrer” une situation en rajoutant une tonne sur un plateau de la balance quand celle-ci affichait un kilo de différence?
    .
    Encore une fois, nombreux sont ceux qui ne demandent pas que “rien ne soit fait” mais qu’une solution équitable soit trouvée. Vous répondez encore et toujours aux plus extrèmes de vos détracteurs pour éviter de répondre aux questions de fond.
    .
    Un bémol toutefois, je me reconnais dans votre tout premier argument… en partie. Je ne prétends pas que les entreprises doivent s’adapter seule. Elles peuvent être accompagnées par la loi. MAIS elles ne peuvent pas se reposer sur la loi seule pour éviter de changer. Elles doivent d’abord changer pour s’adapter au marché, puis demander à limiter des excès.
    Hors les excès se sont déjà nettement et spontannément limités. Les folles pratiques de téléchargement à tout va se sont déjà atténuées… Accompagnez le marché et vous verrez que “vous vendrez encore de la musique payante malgré la radio gratuite”. (c’est une image, bien sûr, mais j’espère que vous saisissez le parallèle.)

  8. eric a dit:

    Je trouve que le discours derive vers un retour en arriere. Beaumarchais à fait imposer les droits d’auteurs il y a presque trois siècles et aujourd’hui certaian veulent les remettre en cause et pour cela tienne le discours sovietique que l’oeuvre artistique appartient à l’humanité entière et donc que le droit d’auteur est un frein à l’accés à la culture. Il est vrai que certain ayant droits vivent tres confortablement du travail de leur arrière grand parents.

    Cette la loi repond à un besoin il est necessaire de remunérer les ayant droits, et la taxe sur la copie privée comme celle sur les photocopie (eh oui il y en a une!) sert aussi à remunerer les ayant droits litteraire. L’ubiquité de la technologie numérique ne permet pas de faire la différence entre la copie de ses photos et de celle d’un cd, il ya matière à reflexion ici.

    Néanmoins, l’attitude des grandes maisons de disques n’en reste pas moins suicidaire:
    1 -depuis de nombreuses années: la qualité de production et de duplication n’a céssé de baisser en France, aujourd’hui un cd de base fait coin coin mais pas de la musique!
    2 - Il n’y a plus de reseau de distribution compétent, trouver un disquaire est aujourd’hui extrement difficile. Les grands réseaux offre un choix de référnec extremement restreint et refuse les commandes!
    3 - La vente dématerialisée ne permettra pas de remplacer les pertes du à l’effondrement du physique (Qt le support physique pert 5 euros, le dématerialisé en gagne 1), continuer dans cette voie est suicidaire.

    Il n’y a pas de miracle qt un marché baisse seule la qualité et la diversité de l’offre peut le faire remonter. malheureusement les maisons de disques et le SNEP ne l’ont toujours pas compris.

  9. HADOPI - FAIL a dit:

    Mettons-nous un instant dans la peau de quelqu’un de l’âge de monsieur Rony. Quelqu’un qui trouverait encore un attrait à l’utilisation de CD. (Quelqu’un qui n’a sans doute pas toute sa discothèque au format mp3 qu’il ne changerait pour rien au monde.)

    Pour cette personne une copie à 15€ qui contient également un DVD est un produit _à valeur ajoutée_. Il apporte plus que l’album en mp3 (quand bien même elle serait capable de se la procurer.)

    Elle peut ensuite trouver que c’est beaucoup trop cher, que le prix du CD n’a pas baissé proportionnellement au prix de fabrication, que les choix artistique des industries sont déplorables, qu’ils traitent leurs clients comme des voleurs et exploitent les artistes, et pour toutes ces raisons refuser de l’acheter.

    Mais tant que de nouveaux produits et services _à valeur ajoutée_ seront commercialisés, que le prix sera équitable et que les artistes seront correctement rémunérés, je ne vois pas ou est le problème.

    Le marché de la vente de copies, de _bêtes copies_, est mort et enterré car tout le monde peut les faire soi-même, et ni les pleurnicheries de monsieur Rony ni l’HADOPI n’y changeront quoi que ce soit…

  10. Wyrm a dit:

    @eric:
    Rappelons quelque part que les droits d’auteur ont été créés à l’origine pour défendre les auteurs des éditeurs et “diffuseurs” de l’époque.
    Interprété par Victor Hugo, je cite: “Si l’un des deux droits, le droit de l’écrivain et le droit de l’esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l’écrivain, car l’intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous.”
    .
    Mais il y a longtemps que “l’intérêt public” n’est plus la motivation principale de certains. Je ne nie pas que ça reste dans leurs préoccupations, mais c’est devenu plus “accessoire” que “principal”.

  11. Thierry ARNOULD a dit:

    Il faut arrêter de dire que la protection contre le piratage empêche les compagnies d’évoluer. Je suis contre la loi hadopi non pas parce qu’elle empêche le téléchargement, mais parce qu’elle est injuste.

    Ce qui se passe c’est les compagnies de disque vendent moins de disque. Mais outre la crise, je trouve que l’offre dépasse la demande. Cette mévente est elle générale ou se contente t’on de vérifier les chiffres de vente de chaque album.

    Quand on voit le nombre de nouveau chanteurs, chanteuses, groupes qui sortent tout le mois un album, auquel on rajoute les starac et autre nouvelle star… et qu’il faut rajouter cela à tout les albums sortis depuis 50 ans (parce que perso moi j’ai plus de 40 ans et je continue à apprécier les albums sortis dans les années 80.. que je n’ai plus besoin d’acheter parce que je les ai déjà).

    Est ce qu’on est simplement pas dans la phase descendante que subit chaque ‘vie’ d’un produit, et que la musique est un produit de loisir dans son ensemble, et non pas artiste ou album pris séparément….

  12. Antoine a dit:

    Mesdames et Monsieurs les “artistes”,

    Croyez-vous qu’il est acceptable dans un pays démocratique de porter atteinte à la vie privée pour défendre la propriété artistique ?

    Les parlementaires ont manqué d’adopter un amendement qui aurait permis à l’HADOPI de pouvoir lire les pièces jointes des emails tout ça pour que les “artistes” puissent continuer à s’en mettre plein le nez, euh, les fouilles. :

    « “On a tout de même pu empêcher un amendement qui prévoyait d’inclure la communication privée dans l’obligation de surveillance”, relate Christian Paul. Alertés lors des débats de première lecture sur le fait que l’e-mail pouvait aussi servir partager des contenus contrefaits, le rapporteur Frank Riester avait en substance prévu de donner à l’Hadopi le pouvoir de surveiller le contenu des pièces jointes. Mais la majorité, jusque là disposée à durcir le texte, a tout de même obtenu de M. Riester qu’il retire son amendement. C’est la seule petite victoire obtenue par l’opposition contre le rouleau compresseur. » - http://www.numerama.com/magazine/12762-Hadopi-le-texte-durci-dans-un-climat-tendu-en-commission-des-lois.html

    Vous rendez-vous compte que sous prétexte de lutter contre le téléchargement illicite, le législateur veut imposer l’installation d’un “logiciel dit de sécurisation” (de la novlangue) qui observera les flux Internet et qui sera en communication permanente avec les serveurs de l’HADOPI ?

    Croyez-vous que l’on peut raisonnablement autoriser une telle intrusion dans la vie privée des citoyens pour protéger de la musique et des films ?

  13. Ben a dit:

    Continuer aveuglément d’associer la lutte contre Hadopi à une défense du piratage vous aliènera les plus amoureux des artistes. On ne reproche pas le but, la protection des revenus des artistes, mais les moyens, le flicage de la totalité de la population internaute, de leurs mouvements sur Internet, et maintenant de leurs mails, de leurs chats, de tout. Comment imaginer en plus que, tel un condamné chinois à qui on facture la balle, le mouchard chargé de nous espionner sera à nos frais. N’êtes-vous pas effrayé par la disproportion entre le but et les moyens ? Par l’asservissement des libertés publiques de tous aux intérêts financiers, même légitimes, de quelque uns ?

    Personnellement, avec près de 300 CD dans ma discothèque et pas un seul fichier illégal sur mon lecteur de Mp3, je cesserai d’acheter les artistes français le jour ou Hadopi sera adopté soit donc à partir de demain je crois. J’écoute essentiellement du classique et pour chaque artiste français, il y a un équivalent étranger. Je vous donne déjà le nom de ma première victime si vous voulez tout savoir : le Couperin d’Alexandre Tharaud que je me languissais d’acheter (et non pas de télécharger ou de voler) restera dans son bac à la FNAC. Punis, l’artiste et sa maison de disque, Harmonia Mundi. Il n’a rien à voir dans l’histoire, tant pis. A loi bête et méchante, réaction bête et méchante.

    Bien sur que nous boycotterons les artistes français, que croyez-vous ? Que nous allons rester là à, à regarder notre vie privée violée, et en plus payer pour ça ?

  14. Le Lustre Connu a dit:

    Les débats d’hier soir ont encore une fois mis en évidence un grand nombre de questions :
    Que seront les fameux logiciels dits de sécurisation ?
    Quel moyen aura un internaute injustement accusé de prouver son innocence ? (non, installer un “mouchard” sur sa machine n’est bien sûr pas une réponse acceptable)
    Quel est le rapport entre la protection de la culture et la surveillance des communications électroniques privées ? (le point ayant été abordé, on aimerait des explications)
    Et bien d’autres question qui ont d’ailleurs largement été évoquées dans les nombreux commentaires postés sur ce blog.

    À ces questions, nous attendons toujours des réponses.


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