Categorie ‘Humeur’

Quelques réactions aux contributions postées sur le blog

Beaucoup de celles et de ceux qui postent des commentaires depuis l’ouverture de ce blog le font dans un esprit constructif qu’on doit saluer. MERCI . Et c’est très positf que certains internautes sortent de l’anonymat.

Sur le fond, quelques réactions en vrac dont je souhaite faire part :

- Sur la question du filtrage des contenus ou du blocage d’accès, certains pensent que nous n’y connaissons rien. Un internaute nous conseille de recruter quelqu’un. Mais qui sait que nous travaillons sur ces sujets d’une complexité extrême avec des consultants et qui est allé lire notre Livre blanc sur le peer to peer http://www.disqueenfrance.com/actu/actualite/peertopeer.asp ?
Qui peut prétendre que Guy Pujolle, l’un des auteurs, n’est pas une personnalité de premier plan dans le domaine des réseaux ? Il est, dans ces conditions, difficile de prétendre que nous avancerions sans savoir. Le filtrage est une affaire, j’en conviens, très délicate et il faut y aller à pas mesurés. Mais que disons-nous quitte à nous répéter ? Que le bon sens invite à faire des tests transparents réunissant fournisseurs, opérateurs du net et titulaires de droits. Nul besoin de s’invectiver pour cela. On y reviendra certainement.

- Sur le message posté au sujet de l’UFC Que Choisir ? Quelle unanimité pour venir à la rescousse d’une organisation aussi puissante ! Je croyais pour ma part que les internautes auraient eu un peu plus d’humour, tant pis !

- Sur le projet de loi, non, tout le monde n’est pas contre. De très nombreux artistes, j’en ai encore croisé récemment aux Francofolies de La Rochelle, s’inquiètent. On me dira que les plus riches le sont toujours (mais faut-il passer sont temps dans ce pays à s’excuser d’avoir gagné de l’argent !) et que les revenus de la Sacem sur une période de cinq ans n’ont pas fondu comme neige au soleil. Mais trop de gens ignorent totalement l’économie de la culture et assènent leurs vérités sans aller vérifier ce qui se passe pour produire un spectacle, produire un enregistrement, le faire connaître et surtout réussir à le rentabiliser non seulement pour que ceux qui ont travaillé gagnent leur vie mais aussi pour que les revenus générés soient réinvestis dans d’autres productions. Un disque de variété n’est pas rentable si on en vend moins de 80 000 à 100 000 exemplaires. Moins de deux disques du dix rencontrent leur public et permettent de couvrir les frais. On ne peut pas repousser ces faits d’un revers de la main Et celui d’entre vous qui m’informe que nos métiers auront disparu dans vingt ou trente ans ne fait pas avancer le débat. Les artistes le disent : il est indispensable que des professionnels les accompagnent, leur permettent de vivre en s’occupant de mille et une choses pendant qu’ils peuvent se consacrer à l’essentiel, leur art.

- Quant à savoir si la loi va marcher, en effet, c’est un pari mais tout pousse à l’oser car qui ne risque rien……. Nous ne sommes pas naïfs mais nous pensons qu’une partie très substantielle des internautes peut être amenée, du fait même des messages de sensibilisation et d’information et d’un risque de suspension de connexion, à changer progressivement d’attitude. Pas tous bien sûr et certainement pas ceux qui d’une certaine manière ont fait du peer to peer un outil militant anti-show bizz. Mais beaucoup d’amateurs sincères de musique, sensibles au respect du travail et du talent. Jurer à l’avance que la loi ne peut pas marcher c’est donc me semble t-il sous estimer considérablement un certain bon sens chez nos concitoyens

- La musique a un prix. Bien entendu, nous ne sommes pas sourds quand on nous dit que les Français n’ont pas toujours assez d’argent pour acheter beaucoup de musique mais on ne peut pas non plus ignorer l’évolution de la consommation. Quand on achète un écran plat, que chaque membre d’un foyer de quatre personnes a un téléphone portable et un ordinateur (et pas seulement dans les foyers très aisés CSP++), évidemment il ne reste pas forcément beaucoup d’argent pour des disques ou un abonnement à un site musical. Et dans ces conditions, l’effet d’aubaine du peer to peer gratuit est démultiplié. Il faut donc poursuivre autant que possible la baisse des prix. Cependant, en économie le prix s’il est déterminé en partie par le consommateur, l’est aussi au vu du coût du produit. Et surtout le prix ne pourra jamais baisser au point de n’être plus en mesure de rémunérer l’ensemble des acteurs de la filière. Comment contester la légitimité pour chacun d’être payé pour son travail et son talent ? C’est un point clef du débat actuel.

A bientôt
Hervé Rony

Commentaires (16)hrony - juil 17, 2008 - 13:48


Quand les réalisateurs de films s’expriment et parlent de liberté

Quinze jours après la publication par le JDD de la prise de position d’une cinquantaine d’artistes en faveur du projet de loi « Création et internet », c’est Le Monde daté du 9 juillet qui a publié un texte signé par de prestigieux réalisateurs de films (citons parmi d‘autres Tavernier, Costa Gavras, Jean-Jacques Annaud , Véra Belmont, Bertrand Blier etc…).

Au-delà du débat sur la gratuité de la culture, manichéen à souhait, ce texte a le grand mérite de souligner aussi que réguler l’internet n’est en rien liberticide. Lorsque ce sont des créateurs qui comme tels n’ont jamais abdiqué une once de liberté, ce n’est pas un message anodin.

Nous sommes en effet submergés de déclarations alarmistes qui, pour un peu, feraient croire, que la France est en passe de rejoindre la Chine, la Corée du Nord voire la Birmanie !

Une suspension d’abonnement à internet consécutive à des messages d’avertissements émanant d’un collège de magistrats (le projet prévoit en effet un collège spécial au sein de l’autorité indépendante Hadopi) serait liberticide tandis que la conservation et le traitement de données (recherche des adresses IP et communication à l’autorité indépendante des noms des abonnés) serait intolérable.

Or j’ai du mal à croire, au nom des libertés, sur le net, qu’aucune activité ne puisse être organisée, régulée, voire contrôlée et réprimée même par l’Etat démocratique pour des motifs d’intérêt général alors que dans le monde réel, ceci est accepté et même souhaité. J’ai quelque hésitation à rappeler que la liberté de chacun commence où finit celle de l’autre

La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 en son article 4 précise que « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi ».

On ne saurait être plus clair et je ne vois pas pourquoi ce texte serait à même de s’appliquer dans le monde physique mais plus difficilement dans le monde virtuel. Télécharger de la musique sans autorisation serait, selon ce raisonnement, une pratique sociale acceptable alors que prendre un disque dans un magasin sans passer à la caisse serait coupable. Pourtant il me semble que la norme sociale ne peut pas être différente selon qu’on surfe sur internet ou qu’on se trouve dans la rue ou dans un magasin.

Il faut donc raison garder et arrêter de confondre l’usage d’internet avec l’intimité de sa vie privée. C’est un des enjeux majeurs du débat actuel et qui dépasse le cadre de la musique. La pédagogie des usages de l’internet consiste à expliquer qu’on ne peut pas confondre sans arrêt ce qui relève de la vie privée et de l’intimité de la vie privée, deux notions clairement identifiées par le juge, et ce qui relève d’activités autres telles le fait par exemple d’acheter en ligne ou d’échanger des biens relevant du commerce.

Commentaires (22)hrony - juil 16, 2008 - 09:24


Merci aux internautes

Merci à tous à vous tous qui êtes venus nombreux au rendez-vous que nous avons ouvert cette semaine avec “demainlamusique“.

Sachez que nous lisons tous vous messages avec intérêt. Néanmoins, cet espace est un blog et non un forum. Nous ne répondrons pas individuellement à chacune de vos contributions. Cependant, nous ne manquerons pas d’en tenir compte lorsque nous posterons de futurs billets.

Commentaires (19)admin - juil 10, 2008 - 17:58


Quand des internautes dérapent

Le fait que des artistes aient publié dans le JDD du 22 juin un texte pour soutenir le projet de loi « Création et internet » a déclenché chez des internautes des messages inacceptables qu’on a pu lire sur le Monde.fr ou sur Libération.fr

Quel est ce débat dans lequel certains internautes tellement courageux qu’ils sont anonymes appellent à boycotter les artistes qui ont osé manifester une position favorable au texte ?

Je discutais récemment avec l’un de ces artistes qui n’est le suppôt d’aucun pouvoir, d’aucun lobby. Il me faisait simplement remarquer qu’il était juste pour tous les artistes et donc pas pour lui en particulier de passer ce type de messages. Pourquoi ? parce-qu’il en va du respect du travail des artistes quels qu’ils soient, quelque soit leur notoriété et l’état de leur compte en banque, et du respect du travail de tous ceux et celles qui dans les labels et ailleurs travaillent aux côtés des artistes. Rien ne semble devoir le faire fléchir convaincu que la création mérite un tel combat.

Que certains considèrent que la mobilisation d’artistes est celle d’un club de milliardaires est donc insupportable. Où est le débat, où est la juste discussion ? Où est la démocratie ? Nulle part.

Ceci est vrai aussi pour beaucoup des premiers commentaires publiés sur notre blog.

Autant nous sommes disposés à accueillir des contributions argumentées et respectueuses de ce que nous représentons et d’un débat démocratique autant nous écarterons systématiquement les messages de pure attaque à la limite de l’injure et de la grossièreté.

Hervé Rony

Commentaires (74)hrony - juil 10, 2008 - 10:08


UFC-Que Choisir : l’incohérence du discours ?

Loi Création & Internet : deux poids, deux mesures pour UFC-Que Choisir qui trouve monstrueux le projet de loi du gouvernement mais qui dans le même temps explique aux internautes visitant son site qu’il est indispensable de respecter et ne pas copier les contenus rédigés par ses équipes, sous peine d’être poursuivi pour contrefaçon !!!

Extrait de leur site :

Que Choisir en ligne
Utilisation et protection des contenus
L’ensemble des contenus, pages, scripts, illustrations et icônes publiés sur Que Choisir en ligne sont la propriété exclusive de l’UFC-Que Choisir.
Principes généraux
Ce site est le fruit de plusieurs décennies d’activités, de recherche, d’enquêtes, d’études issues de nos équipes ; nous vous remercions de respecter le travail de notre association à but non lucratif et de ne pas le copier afin de nous permettre de poursuivre notre mission de défense des consommateurs.
L’ensemble des contenus, pages, scripts, illustrations et icônes de Que Choisir en ligne sont la propriété exclusive de l’UFC-Que Choisir. Tous les droits de reproduction et de représentation de ceux-ci sont réservés pour tout pays.
Toute copie, reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, de ces documents faite sans l’autorisation écrite de l’UFC-Que Choisir est illicite et constitue une contrefaçon punie de trois ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende (art. L. 335-2 du code de la propriété intellectuelle). En particulier, toute utilisation des contenus de Que Choisir en ligne dans un objectif promotionnel est rigoureusement interdite.

Commentaires (61)hrony - juil 7, 2008 - 15:19


Pillage des oeuvres et droit de propriété

Nos métiers sont menacés. Le choc technologique provoqué par l’arrivée d’internet a bouleversé la relation de chacun d’entre nous à l’information, l’échange de connaissances, la communication avec l’autre etc… Dans le domaine culturel, se produit une brutale chute de valeur des contenus créatifs.

Ce n’est ni bien ni mal ni bon ni mauvais, c’est ainsi. Méfions nous en effet de deux exagérations souvent incantatoires: celle qui glorifie internet au point de juger normales au fond les comportements les plus divers au motif que le progrès c’est le progrès, l’autre qui par conservatisme jugerait que le net ne va quand même pas changer les bonnes et vieilles habitudes. (more…)

Commentaires (20)hrony - juil 7, 2008 - 08:27


Opinion publique et échanges illégaux de musique sur le net

Un récent sondage publié par la SCPP a été diversement commenté par les journalistes. Il était très favorable aux ayants droit donc pour certains évidemment suspect !

Philippe Astor qu’on lit souvent sur blogotheque.net très en verve ces derniers temps n’a-t-il pas écrit dans electronlibre.info, du bien connu Emmanuel Torregano que demander Français leur avis sur un dispositif contre le peer to peer illégal, c’était à peu près comme demander aux Français s’ils préféraient la Charia à la démocratie !!!

Que dit il ?

* 80% % des Français pensent qu’il est normal que les artistes et auteurs soient rémunérés quand leurs chansons sont téléchargées sur internet. (more…)

Commentaires (15)hrony - juil 7, 2008 - 00:00